Love and Death in Montmartre d’Evans Chan – Une plongée dans la courte de vie de Qiu Miaojin, figure de proue littéraire de la communauté LGBTQI asiatique

Evans Chan, peut-être plus connu pour ses films documentaires militants concernant la lutte démocratique à Honk Kong (Raise The Umbrallas, 2016, film pour lequel il nous avait accordé un entretien ; ou son dernier film We Have Boots, 2020), est un artiste multiforme, cinéaste, librettiste, dramaturge, traducteur et éditeur (dont trois livres de Susan Sontag). Avec Love and Death in Montmartre (2019), le réalisateur hongkongais renoue avec un cinéma documentaire plus complexe que l’exposition et le protocole de faits, flirtant avec l’onirisme et l’interprétation du réel, sans pour autant le distordre ni l’expurger de son caractère d’engagement.
À voir gratuitement jusqu’au 10 novembre au Festival international Signes de nuit, passé en ligne pour cause de pandémie.

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Berlinale 2020 – Compétition : Rizi (Days) de Tsai Ming-Liang ou la géographie des solitudes

La solitude, c’est la ligne de basse de la cinématographie de Tsai Ming-Liang, cinéaste et artiste taïwanais né en Malaisie. Nous en parlions déjà ici, lors de la rétrospective que lui avait consacré à Berlin Arsenal – l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo en 2017.

Kang (l’acteur fétiche du réalisateur, l’acteur Lee Kang-Sheng) vit seul dans une grande maison. À travers une baie vitrée, il regarde la cime des arbres fouettée par le vent et la pluie. Il ressent une étrange douleur d’origine inconnue à peine supportable et irradie dans tout son corps. Non (Anong Houngheuangsy), lui, vit dans un petit appartement à Bangkok où il prépare méthodiquement des plats traditionnels de son village natal. Les deux hommes vivent dans la plus grande des solitudes, les rares interactions qu’ils ont avec leur environnement sont celles de leur quotidien. Mais un soir, une nuit, une vraie rencontre va se faire et leurs deux solitudes fusionner dans un interstice du temps à la foi fugace et infini.
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Locarno 2018 – A Family Tour de Ying Liang , une coproduction très politisée, venue de Taïwan, Hong Kong, Singapour et de Malaisie

Après avoir réalisé le film The Mother of One Recluse, la réalisatrice Yang Shu a été contraint de vivre en exil à Hong Kong. Mais lorsque sa mère doit subir une opération grave, les deux femmes prévoient de se rencontrer à Taiwan où Yang participera à un festival de cinéma avec son mari et son fils et où sa mère effectuera une tournée touristique. Pour que la réunion de famille puisse se dérouler en toute sécurité, les membres de cette famille, séparés de longue date, séjournent tous dans le même hôtel et suivent la visite sur ses différentes destinations du circuit touristique.
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Anatomie de la solitude – Les films de Tsai Ming-liang au cinéma Arsenal à Berlin

Certaines rétrospectives ont plus de sens intrinsèque que d’autres. Celle que propose Arsenal – l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo – sur le réalisateur Tsai Ming-liang, artiste taïwanais né en Malaisie en 1957, plusieurs fois primés dans les grands festivals, fait partie de cette catégorie. En effet, prendre les films de Tsai individuellement avec les yeux de 2017 peut avoir quelque chose de fastidieux. Suivre son œuvre cinématographique de manière plus globale permet de mieux appréhender le chemin du cinéaste qui l’a amené en 2015 à se détourner du cinéma de salles pour aller vers celui de la vidéo artistique et installations de musées ou galeries d’art. Sur la petite échelle du temps historique cinématographiques, certains – en réalité peu – films peuvent se targuer d’être universels et traverser les âges sans encombre. D’autres sont datés, ancrés dans leur temps et réduits à des ouvrages mineurs malgré leurs succès d’antan, alors que certains font le chemin inverse et, par la magie du temps ou de la nostalgie ou de l’évolution des sociétés, deviennent ce qu’on appelle des films cultes. Et il y a les œuvres, qui sont transversales à tous les scénarios précités. Le travail de Tsai Ming-liang peut, à cet égard, être considéré comme une œuvre transversale du temps cinématographique mondial.
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Berlinale 2017 compétition jour #5: Helle Nächte (Bright Nights) / The Party / Mr. Long

Événement dans cette journée : le film de 9h était misérable, voire misérabiliste, celui de 12h fabuleux, voire magnifique. Il serait très courageux mais parfaitement justifié, restons toutefois prudents, nous ne sommes qu’à la moitié du festival (et on attend avec impatience de voir le nouveau Kaurismäki en compétition), d’envisager de donner la récompense suprême à une comédie qui a de l’épaisseur, même si On Body And Soul reste un grand favori.
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