L’œuvre de la documentariste autrichienne Ruth Beckermann du 19 au 29 avril 2018 au Kino Arsenal Berlin

Depuis le début des années huitante, Ruth Beckermann documente avec sa caméra le présent en résonance avec des racines qui sont profondément ancrées dans le passé. Cela donne une œuvre au caractère à la fois très personnel mais parfaitement en phase avec le monde et son état, très politique et qui se frotte aux sujets qui continuent à gangréner les sociétés d’après-guerre. Une fois encore, Arsenal – l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo – offre une belle et intelligente rétrospective au public, en cela aidé par le fait que quatre des 11 films de la cinéaste ont été sélectionnés et présentés dans la section de la Berlinale dont s’occupe l’institut, la section Forum.
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68e Berlinale: un palmarès iconoclaste

Étrange Berlinale 2018: beaucoup de bons films mais pas de chefs-d’oeuvres, par contre des choix inexplicables dans la sélection avec des films qui sont presque une atteinte à l’intégrité intellectuelle et sensorielle des spectateurs – on pense ici principalement à Eva de Benoît Jacquot, Mein Bruder heisst Robert und er ist ein Idiot de Philip Gröning et Damsel de David & Nathan Zellner. On pourrait inclure également dans cette face sombre de la sélection Touch Me Not de Adina Pintilie qui certes n’a absolument rien à faire dans cette section mais aurait été parfait dans celle de Forum, mais au moins ce film part d’une démarche artistique, ce que les 3 autres cités semblent cruellement manquer. Seules explications trouvées pour la présence de Eva et Damsel, c’est le besoin de couvrir le tapis rouge de quelques stars brillant de tous leurs feux précédents et bien poli(cé)es, à savoir Isabelle Huppert et Robert Pattinson.
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Palmarès 67è Berlinale: de la dignité à la poésie en passant par la résistance!

Quel beau palmarès pour une année où la section de la compétition officielle était de haute volée – comme quoi parfois moins c’est mieux, le moins étant ici les stars du tapis rouge, le mieux, des films et leurs équipes. En revanche, les sections parallèles ont un peu déçu dans leur ensemble, même si de très bons et beaux films s’y sont également glissés. Seul regret, Sally Potter et sa Party jubilatoire, mais il était difficile de lui trouver un prix, tant il fallait primer de films. Elle a reçu un prix très important, et surtout révélateur, d’un jury indépendant : celui de la Guilde des cinémas indépendants qui ont bien des chances de remplir un peu leurs caisses en projetant ce film dans leurs salles dans lesquelles il faut continuer à se rendre, car ce sont des lieux (physiques) authentiques avec des écrans qui s’ouvrent le plus largement sur les états du monde et des ses habitants.
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