War of Art : voyage en Corée du nord dans l’univers du réalisme socialiste qui rappelle l’iconographie du pop art

La Corée du nord reste, pour le grand public, une terra incognita qui fascine autant qu’elle effraie. Pourtant, depuis quelques années, les documentaires sur ce pays se multiplient. Toujours cette faculté de Zeitgeist du cinéma qui s’empare des sujets sociaux et politiques avant qu’ils n’envahissent les mass media.

Ce qui fait l’originalité de ce documentaire n’est pas tant son sujet ni qu’il ait pu être tourné que le fait qu’il est en totale discrépance avec justement ce qu’il montre: des artistes « tenus en laisse » par leurs coordinateurs et accompagnants – comme leur reproche un des protagonistes, n’ayant même pas le droit de traverser la rue seuls, alors que le réalisateur semble avoir toute latitude pour filmer. Passionnant également, le fait que l’on comprend la réaction des Coréens non seulement parce que c’est ce qu’on attend d’eux mais aussi, surtout peut-être, parce que cela fait écho aux réactions que l’on a dans nos contrées sur l’art contemporain : il n’est pas rare en Europe de constater incompréhension, hochements de tête, amusement, sarcasme, dégoût ou rejet envers ces artistes et leurs œuvres.
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Berlinale 2019 – Panorama : Talking About Trees – un Cinema Paradiso au Soudan (Prix du meilleur documentaire toutes sections confondues)

Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb sont amis depuis plus de 45 ans. Ils ont quitté le Soudan dans les années soixante et septante pour étudier le cinéma à l’étranger, en Russie, en Égypte ou aux États-Unis, et fondent le Sudanese Film Group en 1989. Après des années d’éloignement et d’exil, ils sont à nouveau réunis dans l’espoir de réaliser enfin leur rêve : faire revenir le cinéma au Soudan. Ils sont déterminés à laisser cet héritage culturel après eux et à allumer la flamme de l’amour pour le cinéma. À travers les images qu’ils ont créées, celles qu’ils ont perdues et celles qu’ils avaient espéré faire, se dessinent les beaux comme les terribles traits du visage de leur pays.
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Liberté d’in-expression : quand les États de l’Union européenne souhaitent sous-traiter la censure aux géants du web !

Le texte européen le plus liberticide de cette décennie est en approche

Hors un certain nombre de pays qui se sont opposés à ce texte, le Conseil de l’Union européenne vient d’acter un projet de loi au parfum pour le moins désagréable pour ce qui concerne les libertés publiques. Poussé par la gouvernance actuelle française, ce texte – peu médiatisé – pourrait s’avérer l’un des coups les plus violents jamais portés à la liberté d’expression dans les pays « démocratiques » de l’Union européenne. Le débat autour de ce texte va maintenant se poursuivre au parlement européen.
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Pressions diplomatiques intolérables faites sur le festival du film documentaire DocLisboa (18-28 octobre 2018)

Du 18 au 28 octobre aura lieu la 16e édition du festival international du film documentaire – DocLisboa. Le genre documentaire – par sa nature même de représentation d’une réalité, certes subjective et scénarisée mais touchant directement au réel – est plus exposé que les autres genres cinématographiques à la pression et censure politiques.
C’est ce qu’il vient d’arriver aux responsables du festival lisboète qui ont reçu cette fin de semaine des pressions de deux ambassades leur demandant d’annuler des films de leur programmation ou de réécrire les textes les concernant dans leur programme. Gloria Zerbinati, l’attachée de presse pour l’international du festival a alerté les médias et les acteurs culturels de ces pressions inadmissibles et nous a communiqué les titres des deux films en questions :
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Cannes 2018 : «Cold war», de Pawel Pawlikowski, chronique d’un amour tourmenté en pleine guerre froide

Pawel Pawlikowski, venu présenté ce jeudi soir Cold war au public, accompagné de ses acteurs principaux – Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar – rend un émouvant hommage à ses parents auxquels le film est dédicacé.
Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque inhumaine.
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Cannes 2018 : « Leto », de Kirill Serebrennikov, rend un vibrant hommage au rock russe qui brave la censure soviétique

Cannes milite avec le mouvement de solidarité pour le cinéaste Kirill Serebrennikov, réalisateur de L’Eté (Leto), actuellement en résidence surveillée dans son propre pays, la Russie.

Leningrad, en plein été du début des années 80 : de jeunes gens fuient un immeuble en se faufilant par une fenêtre. Rapidement, on comprend, en voyant le directeur des lieux donner des ordres, qu’il s’agit d’une salle de spectacles, ou plutôt d’un théâtre dans lequel des artistes de la scène rock se produisent. Mais les spectateurs comprennent aussi que l’ère n’est pas à la rigolade : rien à voir avec les concerts déjantés et psychédéliques auxquels ont droit les spectateurs occidentaux. Sous le gouvernement de Leonid Brejnev, en amont de la perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s’échangent en contrebande, et une scène rock émerge.
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Berlinale 2015 – Quote of the Day #7: Peter Greenaway

Après la projection de presse de son film Eisenstein in Guanajuato, Peter Greenaway, a parlé de son film avec beaucoup

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