Cannes 2019 : avec « Jeanne », Bruno Dumont poursuit son hagiographie de la vie de Jeanne d’Arc

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S’inspirant toujours de la pièce de Charles Péguy, Bruno Dumont reste fidèle au décors récurrent dans sa filmographie : le Nord. Jeanne attend de parler avec ses conseillers pour planifier la prise de Paris. D’après les palabres, on comprend que ses hommes et elle se trouve « aux portes de Paris » … Et pourtant, Bruno Dumont les filme dans les dunes de la Côte d’Opale, balayées par le vent du Nord. Le Nord, son lieu de prédilection et fil rouge de son oeuvre. D’ailleurs, lorsque Jeanne doit se retrouvée emprisonnée dans une geôle anglaise, il la place dans un bunker, qui figure parmi les nombreux vestiges de la présence allemande dans la région. Les nombreux acteurs non professionnels sont du coin et récitent, sans aucune intonation, avec l’accent du terroir, déclenchant des éclats de rire. On a le sentiment d’assister à des conversations irréelles.
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Cannes 2019 : Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec ont présenté dans la sélection Un certain regard leur adaptation en animation des « Hirondelles de Kaboul », film très attendu tant par la critiques que par le public, tous comblés!

Été 1998, Kaboul est en ruines, occupée par les talibans. Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là des exécutions publiques, les Taliban veillent. La joie et le rire sont suspects. Atiq (Simon Abkarian), le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Il surtout abattu de voir sa femme (Hiam Abbas) dépérir d’un cancer comme elle ne peut accéder à de véritables soins. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l’obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n’a plus d’autres histoires à offrir que des tragédies. Le printemps des hirondelles semble bien loin encore… Mohsen (Swann Arlaud) et Zunaira (Zita Hanrot) sont jeunes, ils s’aiment profondément. Tous deux ont fait des études universitaires, lui pour enseigner le français et l’histoire, elle pour enseigner le droit et le dessin. Mais le dessin, la musique, la culture en général, tout est considéré comme « haram » par les extrémistes qui dirigent dorénavant la ville  dont le chef de file. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.
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«Boy Erased» : film sur les effroyables thérapies de conversion sexuelle sur les écrans romands

Boy Erased, drame américain écrit et réalisé par Joel Edgerton,  sorti en  2018,  était très attendu par le public helvétique. Présenté en avant-première au Festival international du Film et du Forum des droits humains (FIFDH), ce film est l’adaptation des mémoires de Garrard Conley, intitulées Boy Erased: A Memoir (2016).
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Le Théâtre de Carouge invite le Théâtre des Osses qui propose une magnifique adaptation du Journal d’Anne Frank

Qui ne connaît pas Le Journal d’Anne Frank ? Ce cahier à couverture à carreaux rempli d’une écriture régulière est devenu emblématique, universel témoignage de la résistance des Juifs, mais aussi de tous les autres groupes persécutés – homosexuels, communistes, résistants, isogames – par la machine à exterminer nazie. Et pourtant, le Journal d’Anne Frank nous émeut et nous bouleverse toujours.
Cette nouvelle adaptation dans une mise en scène ingénieuse et novatrice  est signée Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier, que nous avons pu rencontré juste avant le lever du rideau alors que le foyer résonne des voix du public, déjà abondant, qui attend impatiemment l’ouverture des portes de la petite Salle du Théâtre de Carouge, sis Rue Ancienne 57.
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Rencontre avec Marine Francen pour la sortie allemande de Le Semeur qui, en Allemagne, a pour titre : Das Mädchen, das lesen konnte.

Le premier film de Marine Francen, dont elle a également écrit le scénario, prend sa source dans un mystérieux livre paru en 2006 (éditions Parole), L’homme semence, qui aurait été écrit par Violette Ailhaud, une institutrice des Basses-Alpes, qui raconte ce qui est arrivé à son village après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte de décembre 1851. Le parcours rocambolesque de ce manuscrit mérite tout autant un film que son contenu, l’histoire officielle étant qu’à la mort de l’autrice en 1925, le récit est resté dans une enveloppe qui devait rester fermée chez un notaire et ne pouvait être remise que 50 ans après sa mort à une femme de sa descendance. Depuis sa publication, le texte, peu connu du grand public, forge son succès dans l’inspiration qu’il insuffle aux artistes qui l’adaptent au théâtre, dans la danse, la BD ou comme ici au cinéma. Le livre a également été traduit dans plusieurs langues, en allemand sous le titre Der Samenmann.
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Sortie allemande le 16 août 2018 du film suisse Finsteres Glück, un drame qui contourne avec finesse l’écueil du pathos – Kinotour à partir du 13 août

La scène d’avant générique nous plonge directement dans un univers inquiétant, menaçant, dans une plongée dans Le retable d’Issenheim, accompagné de musique liturgique, avec des gros plans sur le détail du retable qu’est la figure du diable. A ceci s’ajoute le fil rouge symbolique de cette histoire, une éclipse solaire qui marque le début de l’action du film. Le drame absolu est programmé, le spectateur préparé, et c’est tant mieux, car le propos du film est ailleurs.

Finsteres Glück : un drame qui contourne avec finesse l’écueil du pathos
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Sortie en Allemagne le 16 août 2018. En version originale Schwytzerdütsch sous-titrée en allemand.
Kinotour: (…)

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