Cannes 2022 – Prise de parole de la réalisatrice russe Lina Tsrimova lors de la présentation de son film La Colline, co-réalisé avec Denis Gheerbrant, à L’ACID

Lina Tsrimova et Denis Gheerbrant ont présenté à L’ACID leur film La Colline qui décrit la situation de pauvreté et d’environnement pollué dans lequel vivent des habitants au Kirghizistan. La section parallèle de Cannes a la particularité de programmer des longs métrages indépendants (documentaires et fictions), souvent sans distributeur, sélectionnés par une quinzaine de cinéastes de l’association, avec pour but de mettre leurs autrices et auteurs en relation avec des milliers de professionnels qui assistent au marché du festival, les séances étant également accessibles au public. Les équipes des films sont également présentes ; c’est à la présentation de son documentaire que la réalisatrice russe a prononcé ces mots : (…)

Lire la suite

Navalny, de Daniel Roher suit l’opposant politique au cœur de son action jusqu’à son retour à Moscou, livrant un témoignage empli de révélations édifiantes

Daniel Roher, réalisateur et producteur, est connu pour Once Were Brothers: Robbie Robertson and The Band (2019), The Story of the Sorry Cannibal (2016) et Navalny (2022). Tourné au fur et à mesure que l’histoire se déroule durant les mois qui ont précédé l’incarcération de l’opposant politique russe, le documentaire Navalny défile sur l’écran comme un thriller et se consacre pleinement au chef de l’opposition anti-autoritaire russe Alexei Navalny.
En convalescence à Berlin après avoir failli être empoisonné à mort avec l’agent neurotoxique Novichok, Alexeï Nalvalny fait des découvertes choquantes et édifiantes sur sa tentative d’assassinat et décide courageusement de rentrer chez lui, quelles qu’en soient les conséquences et les risques dont il est pleinement conscient. Dans ce documentaire révélateur, le cinéaste Daniel Roher a obtenu un accès exceptionnel et sans précédent au politicien russe rescapé d’une tentative d’assassinat et condamné à une peine de prison dès son arrivée à Moscou. (…)

Lire la suite

FIFF2022 :  Klondike de Maryna Er Gorbach remporte le Grand Prix – Rencontre avec la cinéaste ukrainienne qui nous fait entrer dans les battements du temps de la guerre

Klondike continue sa moisson de prix festivaliers – à sa Première au festival du film de Sundance en janvier dernier, il a remporté le World Cinema Dramatic Competition de la meilleure réalisation et en février, à la Berlinale dans la section Panorama, la deuxième place du Prix du public. Ces prix ont été reçus avant l’invasion russe de l’Ukraine. Au 36e Festival International du Film de Fribourg qui s’achève ce dimanche, le Grand Prix du Jury international longs métrages, le Critics’ Choice Award et une mention spéciale du Jury des jeunes Comundo a un autre goût, celui de la réalité qui arrive par vagues d’images de nos journaux télévisés, par vagues de refugié.es, par vagues de tragédies individuelles et collectives. Si Maryna Er Gorbach situe son histoire en 2014, au moment de la tragédie du vol 7 de la Malaysia Airlines abattu par un missile dans le Donbass le 17 juillet, elle fait un écho saisissant aux événements que les Ukrainiens vivent depuis le 24 février 2022. Ou plutôt, elle nous rappelle que cette guerre en Ukraine est le résultat d’une continuité. Pendant ces huit dernières années, nous avons considéré ce conflit comme une mini-guerre froide, la réalisatrice ukrainienne nous démontre, avec une intelligence narrative qui s’appuie avec finesse sur le hors champ, qu’il n’en était rien. (…)

Lire la suite

Au nom des amitiés improbables : Emir Kusturica directeur du Théâtre de l’armée russe

Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense, a offert au cinéaste Emir Kusturica le poste de directeur du Théâtre académique central de l’armée russe !
Étonnante nomination qui ressemble à une moquerie intervenue dans le cadre de la guerre en Ukraine ;  selon le ministre, elle honore des relations amicales de longue date, avec le réalisateur Bosnien devenu Serbe, et son rôle dans la préservation et le développement des meilleures traditions de la culture russe ! Kusturica, qui possède aussi la nationalité française, avait affirmé en 2014 que la Russie doit défendre ses ressortissants vivant en Ukraine. (…)

Lire la suite

Locarno 2021 Compétition internationale : Gerda de Natalya Kudryashova – L’enfermement de l’âme russe dans un monde prosaïque et brutal

L’actrice et réalisatrice russe Natalya Kudryashova offre avec son quatrième film une vision bien sombre de l’espace moderne russe qui ne laisse plus de place à l’épanouissement de l’âme. Dès la première scène, elle nous déconcerte : on y voit une voiture qui longe une forêt d’arbres longs et minces sans feuilles comme des conduits qui s’élèvent vers le ciel ; une femme, à côté de laquelle se trouve une petite fille, sort précipitamment de la voiture pour faire pipi à l’abri d’un tronc. La chose faite, un sentiment inquiétant semble la posséder ; elle se met à courir. Coupure dans l’espace-temps, nous nous retrouvons dans un club de strip-tease avec une jeune femme, Lera (Anastasiya Krasovskaya), dont le nom de scène est Gerda – comme celui du personnage principal du conte La Reine des neiges de Hans Christian Andersen. Le jour, Lera est une étudiante en sociologie somnolente. L’histoire de Gerda se joue constamment sur deux axes : le monde de la nuit et celui du jour, le prosaïque et la transcendance, le rêve et la réalité, la richesse et la pauvreté, la conscience et l’inconscience…
(…)

Lire la suite

FIFDH 2021 : le film d’Alina Gorlova, This Rain Will Never Stop, invite les spectateurs à un éprouvant périple entre guerre et paix

Le film plonge les spectateurs dans une atmosphère anxiogène dès la séquence d’ouverture qui agresse les yeux, faisant se succéder des photographies en noir et blanc colorisées qui défilent tels des éclairs. Puis la caméra d’Alina Gorlova balaie un paysage désolé.
Chapitre zéro : un village où il n’y pas âme qui vive. La caméra se rapproche d’une silhouette : un homme sexagénaire, assis sur les marches qui mènent à sa maison, s’allume une cigarette, caressant un chaton : « Tu vois, chaton ! On a survécu à cette journée. Tu survivras au Nouvel An ! » Au loin retentissent des aboiements. On comprend que ce village se trouve dans une région en guerre… La Crimée certainement vu que le vieil homme s’exprime en ukrainien. Puis la caméra d’Alina Gorlova entraîne les spectateurs dans un périple poignant et visuellement hypnotique à travers le cycle perpétuel de guerre et de paix, un cycle que l’humanité traverse depuis des millénaires.
(…)

Lire la suite

Scandale tripartite autour d’une icône ukrainienne

Pendant une visite en Bosnie-Herzégovine en décembre dernier où il fut d’abord reçu par le leader des Serbes, l’orthodoxe Milorad Dodik, le ministre russe des Affaires étrangères est devenu propriétaire d’une très ancienne icône dorée.
L’ambassade d’Ukraine a demandé immédiatement des explications à la ministre des Affaires étrangères, la bosno-croate Bisera Turkovic qui s’est dite prête à collaborer étroitement avec eux et découvrir la vérité sur l’origine du précieux cadeau. En voyant le sceau au dos de l’icône, les membres de l’ambassade ont compris qu’il s’agit d’une valeur ukrainienne de la région de Lougansk, vieille de 300 ans, faisant partie de l’ héritage culturel et historique du pays.
(…)

Lire la suite

Berlinale 2020 – Compétition: DAU-Natasha – Jouer à la bouteille du totalitarisme

De toutes les décisions prises par le nouveau directeur Carlo Chatrian, nulle n’est aussi sujette à la controverse que celle de mettre DAU.Natasha, premier long-métrage tiré du controversé projet DAU, dans la Compétition de cette 70e Berlinale. La première du film, au septième jour de la Berlinale, a laissé beaucoup de spectateur choqués non seulement par les scènes sexuelles (terriblement explicites et non simulées), mais surtout par un viol au cours d’une scène d’interrogatoire conduite par un ancien agent du KGB.

Rappelons le projet : en 2007 DAU débuta comme ce que Khrzhanovskiy appelle « un film d’art et d’essai normal et compliqué », racontant l’histoire du prix Nobel de physique russe Lev Landau (1908-1968), qui étudia sous la direction du physicien danois Niels Bohr. 
(…)

Lire la suite

Cannes 2019 : « Once in Trubchevsk » (Il était une fois à l’Est), de Larisa Sadilova, plonge le public dans une histoire d’amour passionnée au coeur de  la Russie rurale

(…)
Installée dans la campagne russe contemporaine, Larisa Sadilova pose un tendre regard  et bienveillant sur ses personnages de Once in Trubchevsk, un film qui lui a été inspiré par des personnes qu’elle côtoyait :

Je connaissais un vrai couple d’amoureux qui avait une seule opportunité de se retrouver : pour la saisir, ils ont grimpé dans un camion de Bryansk à Moscou aller-retour. Cette histoire romantique m’a marquée !

Larissa Sadilova brosse ici le portrait d’une relation extra-conjugale en pleine campagne russe verdoyante ou balayée par une forte neige, selon les saisons traversées.
(…)

Lire la suite

Cannes 2019 : le deuxième long métrage, Dylda (Beanpole), du Russe Kantemir Balagov plonge les spectateurs dans le chaos de Leningrad en 1945

Le film Dylda (qui veut dire girafe en russe, d’où peut-être l’étrange titre en français: Une grande fille) du Russe Kantemir Balagov, film présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019, propose im film en costumes à la forme très classique.
Fin 1945 : la Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad parmi tant d’autres lieux. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya (Viktoria Miroshnichenko)  et Masha (Vasilisa Perelygina), tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie. Iya vit avec un petit garçon, Pashka (Timofey Glazkov), que tout le monde croit être le sien. Elle travaille comme infirmière dans un hospice qui soigne les soldats blessés au front. Parfois, Iya se fige, semble déconnectée du monde qui l’entoure malgré les appels de ses collègues et se met soudain à haleter. Puis elle revient à elle. Ces maux la prennent sana crier gare au travail comme avec Pashka et un jour, dans une étreinte étouffante, le drame survient.
(…)

Lire la suite