Berlinale 2021 – Compétition:  Rengeteg – mindenhol látlak (Forest – I See You Everywhere) ou l’effet magnétisant du voyeurisme de micro-drames

Dix-huit ans après son premier long métrage Forest (Rengeteg, 2003), le réalisateur hongrois Bence Fliegauf poursuit dans la même veine son expérience anthropologique qui creuse le microréalisme, à l’époque avec une série de vignettes sur des couples en crise. Le film n’atteint pas le niveau de son poignant Csak a szél (Just The Wind), sur le sort cauchemardesque de la communauté Rom en Hongrie, qui avait remporté en 2012 l’Ours d’argent – Grand Prix du Jury, mais a cette qualité d’intriguer tout en portant dans son sillage une impression de déjà éprouvé.
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Berlinale 2021 – Compétition : Dénes Nagy, Ours de la meilleure réalisation pour Természetes fény (Natural Light)

Cette édition de la Berlinale, pour la presse et l’industrie, s’est déroulée en ligne. Malheureusement. Les films de cinéma étant faits pour les salles de cinéma, les trois journalistes de j :mag qui ont couvert cette 71e édition ont certes joué le jeu de la critique cinématographique, avec le plus de bonne volonté et ouverture d’esprit que possible pour rendre justice artistique aux œuvres présentées et à leurs autrices et auteurs. Cependant, comme le dit le célèbre adage : à l’impossible nul est tenu ! Les jurys des différentes sections, ont peut voir les films en réelles conditions, sur grand écran. C’est peut-être la raison pour laquelle, le jury de la compétition internationale a décerné l’Ours d’argent de la meilleure réalisation à Dénes Nagy pour Természetes fény (Natural Light). Nous, nous sommes passés totalement à côté du film tout en ayant pleine conscience : il est d’évidence superbement réalisé, dans une palette chromatique qui en dit autant sur les évènements extérieurs que sur la sombreur des temps qu’il raconte et des âmes qui leur sont liées. Mais Natural Light est impossible à considérer dans sa matière comme dans sa facture sur petit écran puisqu’il est impossible de se laisser fondre dans cette texture sensorielle qui ouvre aux émotions. Nous en reparlerons donc en juin, quand nous pourrons le regarder, si le coronavirus le permet, dans la version publique du festival qui se déroulera du 9 juin au 20 juin 2021.
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FIFDH 2021 : Her Mothers (Anyáim története), des réalisatrices Asia Dér et Sári Haragonics, ou de la difficulté de l’homoparentalité dans la Hongrie de Viktor Orbán

Concourant dans la compétition de la 19ᵉ édition du Festival du film et forum international sur les droits humains, le deuxième film documentaire d’Asia Dér et premier de Sári Haragonics, Her Mothers (Anyáim története), a fait sa première mondiale à Hot Docs puis a concouru à Sarajevo et Minsk.  Her Mothers accompagne la vie quotidienne d’un couple de femmes, Virág et Nóra, qui se bat pour adopter une enfant rom dans la Hongrie de Viktor Orbán.
Le film commence avec un couple de femmes qui colle des photographies dans un album et s’interrogent sur le choix des images, leur disposition, les commentaires à y inscrire.     Alors que le climat politique hongrois se radicalise de plus en plus, Virág, anciennement politicienne écologiste et membre du Parlement, a perdu confiance dans le parlement démocratique hongrois et a choisi de se retirer de la politique. Sa partenaire Nóra, est bassiste dans un groupe de drum & bass dans la lignée de Kosheen. Elles décident d’adopter une fillette. Elles hésitent sur la méthode, interrogent leur entourage et passent en revue les arguments de chaque possibilité. Pourquoi ne pas demander au frère de Virág qu’il donne sa semence à Nóra ?
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Thiel le Rouge, un agent si discret, de Danielle Jaeggi, propose un documentaire richement documenté sur Reynold Thiel et les relations de la Suisse avec les communistes

Son nouveau documentaire suit la vie romanesque d’un militant communiste neuchâtelois à la fois trouble et fascinant, Reynold Thiel (1910-1963).

Primé au Festival du film d’histoire de Pessac, le documentaire Thiel le Rouge – un agent si discret de Danielle Jaeggi relate l’histoire de Reynold Thiel, Neuchâtelois né en 1910, homme d’affaires, pianiste virtuose et compositeur… mais aussi communiste et militant clandestin.
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Sunset (Napszállta) de László Nemes : Un avertissement venu du passé  qui regarde droit dans les yeux le présent

Il ne faut pas tomber dans le piège de la comparaison avec Le fils de Saul (Grand prix au Festival de Cannes 2015, Golden globe et OSCAR pour le meilleur film étranger 2016) qui tend les bras à tous les critiques : ce premier long métrage était un ovni. Si László Nemes l’avait reproduit, on lui aurait fait grief de ne pas se renouveler et de surfer sur la vague de ce succès mondial ; puisqu’il ne l’a pas fait, certains lui reprochent déjà son manque de courage cinématographique et un retour à plus d’académisme !
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Nous sommes en 1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Írisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat à Trieste. Elle se présente à un grand magasin de chapeaux pour y travailler comme modiste. Immédiatement, quelque chose de larvé envahit l’atmosphère : le magasin s’appelle Leiter, comme elle.  Oskár Brill, le nouveau propriétaire, la reçoit mais s’empresse de vouloir la renvoyer à Trieste chez son employeur actuel. La jeune femme, portée par un courant qu’elle ne définit pas elle-même refuse et parvient à s’incruster dans l’environnement cadré de la maison Leiter et les dépendances utilisées par ses employés. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ignore tout, elle cherche à clarifier ce mystère et celui de son passé dans une sorte d’enquête effrénée qu’elle va mener contre vents et marées pour essayer de comprendre pourquoi il agit et fonctionne ainsi. Nous sommes à la veille de la guerre et cette quête sur ses origines familiales va entraîner Írisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos.

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Locarno 2018 : Écrit et réalisé par Balint Kenyeres – Hier (Tegnap) concourt au Festival de Locarno dans la section Cinéastes du Présent. Rencontre (audio en anglais).

Balint Kenyeres s’est déjà fait remarqué en compétition avec ses courts métrages de Cannes, Venise, Sundance et quelques centaines d’autres festivals de films, lauréat du prix du film européen du meilleur court métrage et de soixante autres prix.
Le cinéaste hongrois a regroupé autour de lui pour Tegnap une belle distribution dont Vlad Ivanov, Djemel Barek, Jacques Weber.
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Berlinale 2017 compétition jour #2: On Body and Soul (Testről és lélekről) / The Dinner/ T2 Trainspotting

Une Berlinale qui commence comme cela (si on oublie le film d’ouverture), on en voudrait plus souvent ! Cela fait des années qu’à j :mag on vous parle de l’importance des horaires des films présentés en compétition… ce vendredi 10 février en est l’exemple parfait : à 9h, un film tout à fait « oursisable » (nous ne sommes qu’au 2è jour, mais il en a toutes les qualités), à midi un film à stars – souvent étasunien –parfaitement convenu (ce sont eux aussi qui donnent aux critiques les plus gros dossiers de presse, ici 45 pages, histoire que le résultat public soit le plus uniforme possible vraisemblablement) et à 15h30 un film en compétition à vedette(s) et pouvant concourir avec celui de 9h ou hors compétition qui réjouit les pupilles.
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La culture comme moyen de résistance

Le respect des droits humains est au centre d’un festival parisien différent des autres. Les 18, 19 et 20 mars

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L’offensive de Nikos Kotzias contre ce qu’il nomme l’hypocrisie européenne envers la Grèce

Ironie comme seule l’Histoire peut en produire, après cinq années de grandes tensions entre l’Allemagne et la Grèce – dues

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