IFFR2021 – Death on the Streets ou l’immersion dans la classe moyenne blanche déclassée des États-Unis

Pendant les quatre ans de la législation Trump, il a été question de cette classe moyenne blanche qui se sentait marginalisée, déclassée, abandonnée et avait permis l’accession aux plus hautes fonctions à ce magnat de l’immobilier doublé histrion de téléréalité. Difficile d’avoir de l’empathie pour elle, même si intellectuellement son désarroi était audible, le chemin choisi pour se sortir de cette dépression de classe était bien trop délétère – pour les Étasuniens mais surtout le reste du monde – pour avoir vraiment envie d’écouter ses souffrances. Le cinéaste et producteur danois Johan Carlsen, avec son épouse coscénariste et coproductrice Micah Magee, étasunienne et provenant de cette région rurale du Midwest dans la Corn Belt, attenante à la Bible Belt, nous fait entrer dans cet univers par la petite porte de la déchéance du rêve américain à travers le destin d’une famille moyenne, deux enfants, une mère, Sarah, qui travaille comme infirmière et son mari, Kurt, qui n’a plus d’emploi fixe et travaille comme journalier quand quelqu’un a besoin de lui.
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Rencontre avec Sabina Vajrača, cinéaste bosnienne américaine

Sabina Vajraca, née dans une famille bosnienne de Banja Luka, deuxième plus grande ville du pays, aujourd’hui capitale de l’entité serbe, a été obligé comme de nombreux citoyens, de prendre la route de l’exil. Au printemps 1992, l’adolescente de 14 ans quitte sa terre natale et toute seule trouve un abri en Croatie. Elle a déjà écrit un roman sur une fillette et un chat. La petite fille et son félin ont rencontré un jeune garçon qui voulait sauver la terre entière. Dans la capitale croate commence sa collaboration avec le journal Taatralije consacré au théâtre, qu’elle a fondé avec quatre amis. Deux ans plus tard, en 1994, Sabina quitte Zagreb pour se réfigier à New York City.
Son premier film Sur le chemin à la maison, dans l’inconnu (Back to Bosnia) projeté au Festival d’Amnesty International au Nouveau monde à été dans les sélections officielles au Brésil, Canada, Liban, en Afrique du Sud, Allemagne, Pays-Bas, en Slovénie…Talentueuse cinéaste diplômée de la Columbia University a aussi obtenu le prestigieux Director’s Choice à Crossboard Film Festival et son documentaire de 57 minutes, classée parmi les 100 meilleurs films réalisés par des femmes! Elle a été aussi nommée pour le Student Award Grand Prize et Student Oscars. Cette année la jeune femme fut parmi les candidats de l’Humanitas Prize et nommée pour les BAFTA Student Awards, grâce à son court métrage Variables.
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#BlackLivesMatter –  Queen & Slim : le film de fiction qui nous envoie directement dans les cordes de la réalité de la discrimination raciale aux États-Unis

Le 25 mai 2020, le monde réalise à quel point il est à bout de souffle. Évidemment, il y a eu cette sale maladie qui depuis décembre 2019 suspend la planète – et continue à attaquer les poumons de ses habitants – par vagues, au rythme de son avancée dans les territoires, mais depuis ce 25 mai où George Floyd a croisé le chemin du policier Derek Chauvin à Minneapolis, il y a également ce cri primaire qui résonne dans le monde entier : I can’t breathe. 8 minutes et 46 secondes. Je ne peux pas respirer. Le meurtre de George Floyd réveille partout les consciences et font écho à tous ces meurtres, violences policières et au racisme systémique. Bien sûr aux États-Unis, mais dans nos contrées également.
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Berlinale 2020 – Compétition : Never Rarely Sometimes Always d’Eliza Hittman, un film empoignant sur le droit à l’avortement

Eliza Hittman nous entraîne dans l’épopée qu’effectue Autumn (Sidney Flanigan), 17 ans, avec sa cousine Skylar (Talia Ryder) de leur petite ville de Pennsylvanie à New York pour pouvoir avorter.
Ce film est puissant et implacable dans les faits qu’il expose, sans jamais être démonstratif ou pédagogique. Eliza Hittman arrive à allier une rythmique poétique avec une précision crue des détails de certains actes médicaux et de ses suites. Étonnamment, il n’y a pas de colère ni de vindicte dans qui émerge de ce film, plutôt une émotion chevillée au cœur mais aussi à la raison : comment peut-on faire subir ce parcours de la combattante à toutes ces femmes confrontées à une grossesse non-désirée ? Pourquoi ces individus qui se revendiquent « pro-life » ne s’intéressent qu’à l’idée de la vie sans prendre en considération les vies de celles qu’ils veulent mettre sous tutelle de leur idéologie ?
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Berlinale 2020 – compétition : Un western vériste de Kelly Reichardt, First Cow

L’histoire racontée par Kelly Reichardt se base sur le livre The Half-Life du romancier étasunien Jonathan Raymond, également coscénariste du film. La cinéaste ne tombe pas dans le même piège que nombre de ses confrères et consœurs consistant à transposer à l’identique une histoire ou ne pas oser mettre de la distance entre le texte original et sa propre interprétation du sujet abordé. Reichardt commence par ne prendre qu’une petite partie du livre qui lui s’étend sur de nombreuses années. Puis elle y met son regard de cinéaste, son point de vue de scénariste et offre une œuvre qui engage son artiste et fait une proposition au spectateur. C’est après tout ce que l’on demande aussi au cinéma : savoir ouvrir des univers et des champs d’idées sans négliger les sensations et la sensibilité qui traversent le tamis de lumière qui vont se refléter sur la toile.
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Berlinale 2020 – Berlinale Special : The American Sector, un documentaire sur les reliques du Mur de Berlin éparpillés sur le territoire des États-Unis

Courtney Stephens et Pacho Velez, deux cinéastes de non-fiction, ont parcouru pendant trois ans les États-Unis, visiter plus de quarante sites dans une sorte de chasse au trésor des nombreux segments du Mur de Berlin que l’on retrouve dans de nombreux sites institutionnels, tels que les musées, les bibliothèques publiques, les universités, la CIA, etc., mais aussi dans des propriétés privées ou simplement les rues ou les routes.
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Mostra 2019 : Wasp Network ou les espions cubains d’Olivier Assayas

La Havane, décembre 1990. René González (Edgar Ramírez), pilote de ligne cubain, vole un avion et s’enfuit du pays, laissant derrière lui sa femme (Penélope Cruz) et sa fille adorées. Il commence une nouvelle vie à Miami, bientôt rejoint par d’autres dissidents cubains, tous travaillant à la déstabilisation du régime Castro. Basé sur une histoire vraie.
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Rencontre avec Martin Witz réalisateur de Getaways to New-York sur l’ingénieur suisse Othmar H. Ammann, constructeur de célèbres ponts aux Etats-Unis

Après des études de langue et littérature allemandes, de littérature populaire européenne et de journalisme, Martin Witz, né à Zürich, a cofondé la Videoladen Zürich et y a travaillé jusqu’en 1982. Depuis, Martin Witz travaille en tant que réalisateur indépendant, principalement en Suisse et en Allemagne. Martin Witz travaille également comme monteur et dramaturge, principalement pour des documentaires dans les domaines de l’histoire, de la politique et de l’art.

Quand il réalise pour le grand écran, Martin Witz s’intéresse aux destins de Suisses qui ont marqué leur époque et leurs contemporains. On se souvient de de certaines documentaires marquants qui lui ont valu des nominations et des prix. Après les documentaires pour la télévision, Dutti der Riese (2007) fut sa première réalisation pour le cinéma.
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« Getaways to New-York », de Martin Witz, rend un hommage remarquable à Othmar H. Ammann, ingénieur des ponts et chaussées d’origine suisse mais qui a exulté dans son art aux États-Unis

Avec son dernier film, Getaway to New-York, le réalisateur suisse Martin Witz se penche sur l’histoire d’un grand ingénieur suisse, Othmar H. Ammann, qui s’est exilé en 1904 aux Etats-Unis et marqué l’univers de l’ingénierie en redéfinissant les règles de la construction de ponts en Amérique.
Nombre de visiteurs, en particulier helvétiques, ont flâné sur des ponts tels que le Pont Verrazzano qui relie Staten Island à Brooklyn ou le célèbre Golden Gate de San Francisco, sans se douter un instant que ces ponts étaient l’oeuvre de leur compatriote, Othmar H. Ammann. Pendant des décennies et de manière spectaculaire, cet ingénieur suisse élaboré, créé, innovant dans les méthodes de construction et dans les matériaux utilisés.
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Huitième édition du Champs-Élysées Film Festival – du 18 au 25 juin 2019

Les salles obscures de “la plus belle avenue du monde” se préparent à accueillir la 8e édition du Champs-Elysées Film Festival. Sa directrice et fondatrice Sophie Dulac, exploitante, distributrice et productrice, a encore une fois réussi à trouver plusieurs œuvres de haute qualité, les plus représentatives du cinéma indépendant français et américain.
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