Berlinale 2020 – Compétition : Never Rarely Sometimes Always d’Eliza Hittman, un film empoignant sur le droit à l’avortement

Eliza Hittman nous entraîne dans l’épopée qu’effectue Autumn (Sidney Flanigan), 17 ans, avec sa cousine Skylar (Talia Ryder) de leur petite ville de Pennsylvanie à New York pour pouvoir avorter.
Ce film est puissant et implacable dans les faits qu’il expose, sans jamais être démonstratif ou pédagogique. Eliza Hittman arrive à allier une rythmique poétique avec une précision crue des détails de certains actes médicaux et de ses suites. Étonnamment, il n’y a pas de colère ni de vindicte dans qui émerge de ce film, plutôt une émotion chevillée au cœur mais aussi à la raison : comment peut-on faire subir ce parcours de la combattante à toutes ces femmes confrontées à une grossesse non-désirée ? Pourquoi ces individus qui se revendiquent « pro-life » ne s’intéressent qu’à l’idée de la vie sans prendre en considération les vies de celles qu’ils veulent mettre sous tutelle de leur idéologie ?
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Berlinale 2020 – compétition : Un western vériste de Kelly Reichardt, First Cow

L’histoire racontée par Kelly Reichardt se base sur le livre The Half-Life du romancier étasunien Jonathan Raymond, également coscénariste du film. La cinéaste ne tombe pas dans le même piège que nombre de ses confrères et consœurs consistant à transposer à l’identique une histoire ou ne pas oser mettre de la distance entre le texte original et sa propre interprétation du sujet abordé. Reichardt commence par ne prendre qu’une petite partie du livre qui lui s’étend sur de nombreuses années. Puis elle y met son regard de cinéaste, son point de vue de scénariste et offre une œuvre qui engage son artiste et fait une proposition au spectateur. C’est après tout ce que l’on demande aussi au cinéma : savoir ouvrir des univers et des champs d’idées sans négliger les sensations et la sensibilité qui traversent le tamis de lumière qui vont se refléter sur la toile.
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Berlinale 2020 – Berlinale Special : The American Sector, un documentaire sur les reliques du Mur de Berlin éparpillés sur le territoire des États-Unis

Courtney Stephens et Pacho Velez, deux cinéastes de non-fiction, ont parcouru pendant trois ans les États-Unis, visiter plus de quarante sites dans une sorte de chasse au trésor des nombreux segments du Mur de Berlin que l’on retrouve dans de nombreux sites institutionnels, tels que les musées, les bibliothèques publiques, les universités, la CIA, etc., mais aussi dans des propriétés privées ou simplement les rues ou les routes.
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Mostra 2019 : Wasp Network ou les espions cubains d’Olivier Assayas

La Havane, décembre 1990. René González (Edgar Ramírez), pilote de ligne cubain, vole un avion et s’enfuit du pays, laissant derrière lui sa femme (Penélope Cruz) et sa fille adorées. Il commence une nouvelle vie à Miami, bientôt rejoint par d’autres dissidents cubains, tous travaillant à la déstabilisation du régime Castro. Basé sur une histoire vraie.
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Rencontre avec Martin Witz réalisateur de Getaways to New-York sur l’ingénieur suisse Othmar H. Ammann, constructeur de célèbres ponts aux Etats-Unis

Après des études de langue et littérature allemandes, de littérature populaire européenne et de journalisme, Martin Witz, né à Zürich, a cofondé la Videoladen Zürich et y a travaillé jusqu’en 1982. Depuis, Martin Witz travaille en tant que réalisateur indépendant, principalement en Suisse et en Allemagne. Martin Witz travaille également comme monteur et dramaturge, principalement pour des documentaires dans les domaines de l’histoire, de la politique et de l’art.

Quand il réalise pour le grand écran, Martin Witz s’intéresse aux destins de Suisses qui ont marqué leur époque et leurs contemporains. On se souvient de de certaines documentaires marquants qui lui ont valu des nominations et des prix. Après les documentaires pour la télévision, Dutti der Riese (2007) fut sa première réalisation pour le cinéma.
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« Getaways to New-York », de Martin Witz, rend un hommage remarquable à Othmar H. Ammann, ingénieur des ponts et chaussées d’origine suisse mais qui a exulté dans son art aux États-Unis

Avec son dernier film, Getaway to New-York, le réalisateur suisse Martin Witz se penche sur l’histoire d’un grand ingénieur suisse, Othmar H. Ammann, qui s’est exilé en 1904 aux Etats-Unis et marqué l’univers de l’ingénierie en redéfinissant les règles de la construction de ponts en Amérique.
Nombre de visiteurs, en particulier helvétiques, ont flâné sur des ponts tels que le Pont Verrazzano qui relie Staten Island à Brooklyn ou le célèbre Golden Gate de San Francisco, sans se douter un instant que ces ponts étaient l’oeuvre de leur compatriote, Othmar H. Ammann. Pendant des décennies et de manière spectaculaire, cet ingénieur suisse élaboré, créé, innovant dans les méthodes de construction et dans les matériaux utilisés.
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Huitième édition du Champs-Élysées Film Festival – du 18 au 25 juin 2019

Les salles obscures de “la plus belle avenue du monde” se préparent à accueillir la 8e édition du Champs-Elysées Film Festival. Sa directrice et fondatrice Sophie Dulac, exploitante, distributrice et productrice, a encore une fois réussi à trouver plusieurs œuvres de haute qualité, les plus représentatives du cinéma indépendant français et américain.
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War of Art : voyage en Corée du nord dans l’univers du réalisme socialiste qui rappelle l’iconographie du pop art

La Corée du nord reste, pour le grand public, une terra incognita qui fascine autant qu’elle effraie. Pourtant, depuis quelques années, les documentaires sur ce pays se multiplient. Toujours cette faculté de Zeitgeist du cinéma qui s’empare des sujets sociaux et politiques avant qu’ils n’envahissent les mass media.

Ce qui fait l’originalité de ce documentaire n’est pas tant son sujet ni qu’il ait pu être tourné que le fait qu’il est en totale discrépance avec justement ce qu’il montre: des artistes « tenus en laisse » par leurs coordinateurs et accompagnants – comme leur reproche un des protagonistes, n’ayant même pas le droit de traverser la rue seuls, alors que le réalisateur semble avoir toute latitude pour filmer. Passionnant également, le fait que l’on comprend la réaction des Coréens non seulement parce que c’est ce qu’on attend d’eux mais aussi, surtout peut-être, parce que cela fait écho aux réactions que l’on a dans nos contrées sur l’art contemporain : il n’est pas rare en Europe de constater incompréhension, hochements de tête, amusement, sarcasme, dégoût ou rejet envers ces artistes et leurs œuvres.
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Berlinale 2019 – Hors compétition : Vice d’Adam McKay – Dans l’antichambre des démons

Les gens obsédés par eux-mêmes sont aisés à manipuler : le présent occupant de la Maison-Blanche en est le meilleur exemple. Cependant, manipuler un pays entier à s’engager dans une guerre exige de préparer le terrain et de savoir saisir les opportunités au vol. La trajectoire de Dick Cheney au poste de vice-président des États-Unis – et sa mainmise subséquente sur l’ensemble du gouvernement américain en dépit de son système de check and balance, apparaît comme incompréhensible. C’est là le sujet de Vice, film shakespearien dans sa grammaire, alliant le drame, le vice et le cynisme le plus absolu à des effets comiques dignes des meilleurs films de Michael Moore.
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« On the Basis of Sex » ou « Une femme d’exception », selon le pays mais un chapitre de la vie de Ruth Bader Ginsburg juge à la Cour Suprême des USA dans son combat pour la justice sort sur les écrans suisses

Jeune avocate idéaliste, Ruth Bader Ginsburg (Felicity Jones) fait équipe avec son mari Marty (Armie Hammer) pour mettre fin à un siècle de discrimination à l’encontre des femmes. Elle se battra devant la Cour d’appel, puis ira jusqu’à la Cour suprême …
L’histoire, signée Daniel Stiepleman, a été sauvée de la Black List 2014, la liste des scénarios américains qu’aucun producteur n’a voulu financer. Des années après, le film revient sur le devant de la scène grâce à la direction de Mimi Leder. Le film, qui présente une facture très classique tant dans la mise en scène que dans le montage, semble un candidat parfait pour représenter les États-Unis dans la course aux Oscars.
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