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Berlinale 2020

Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – compétition : Le sel des larmes de Philippe Garrel ne nous laisse que les yeux pour pleurer

Philippe Garrel, dont c’est ici la première fois en compétition au festival de Berlin (quatre de ses films ont toutefois été présentés dans la section Forum), propose un film qui n’a de larmes que celles de mauvais pressentiment que le spectateur verse dès les premières secondes, puis de désespoir que la prémonition se soit avérée juste, puis de rage de voir que le pire est toujours à venir sur cet écran, puis d’ennui qui confine à la torture psychologique, avant de le faire carrément pleurer de rire, tant le ridicule des situations le dispute à l’auto-parodie des dialogues indigents. En ce sens, on peut dire qu’il y a une montée en puissance, ce qui d’ordinaire est signe de vitalité d’une œuvre, dans le film qui permet aux vaillants spectateurs restés de tenir jusqu’au générique. Quant au sel, probablement métaphore de la douleur exacerbée lorsqu’il est en contact avec une plaie, on le cherche encore…
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Berlinale 2020 – Generation 14plus : La déesse des mouches à feu (Goddess of the Fireflies), d’Anaïs Barbeau-Lavalette, retrace l’adolescence grunge de la jeune Cat dans les années nonante

La déesse des mouches à feu est présenté à la Berlinale en première mondiale dans la section Generation 14plus . Ce long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette est adapté du roman éponyme de la romancière Geneviève Pesteriez.
En bruit de fond qui accompagne la séquence d’ouverture, on perçoit le roulis des vagues puis la camera filme, en plan aérien, les vagues dont l’écume qui vient mourir sur la plage. La caméra d’Anaïs Barbeau-Lavalette offre un plan rapproché sur le visage d’une adolescente en train d’engloutir du beurre de cacahuètes et des céréales en essayant d’ignorer ses parents qui se disputent à ses côtés. Puis bondit de joie quand sa mère (Caroline Néron) lui donne ses cadeaux d’anniversaire : «Christiane F. droguée, prostituée, trop cool, tout le monde l’a à l’école ! » Pris de court devant l’euphorie de l’adolescente devant les cadeaux maternels, le père (Normand D’Amour) sort un billet de mille « piastres », enlaçant sa fille tout en provoquant sa femme du regard. Le conflit parental est lourd, larvé et on réalise rapidement que la jeune adolescente est prise en otage entre ses deux parents qui en viennent aux mains et aux crachats.
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Berlinale 2020 – Forum : Le réalisateur israélien Ra’anan Alexandrowicz convie les spectateur à une expérience fascinante d’observant-observé dans The Viewing Booth  – Entretien

Ra’anan Alexandrowicz est tombé un jour sur une correspondance entre Virginia Woolf et un avocat londonien qui lui demandait : « Comment, selon vous, empêcher la guerre ? » Dans sa réponse, Woolf suggérait qu’ils abordent d’abord son utilisation du mot « nous » par une petite expérience de réflexion. Que se passerait-il, lui demanda-t-elle, s’ils observaient tous deux les images de guerre qui étaient publiées chaque semaine ? « Voyons, écrit-elle, si en regardant les mêmes photos, nous ressentirons les mêmes choses. » Cette petite phrase a été le point de départ du projet du cinéaste israélien. Pendant plusieurs années, il a cherché une voie cinématographique permettant de questionner la fonction des images de non-fiction, notamment en ce qui concerne leur rôle dans la défense des droits humains et de la justice sociale. Il a fini par se dire que pour comprendre les images, il devait cesser de les regarder et commencer à tourner sa caméra vers les spectateurs. Le résultat est The Viewing Booth, qui veut dire la cabine de visionnage.
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Berlinale 2020 – Forum : Tipografic majuscul (Uppercase Print) de Radu Jude nous plonge de manière hypnotique dans la Roumanie putride de Ceausescu

Le dernier film du réalisateur roumain Radu Jude est basé sur la pièce de théâtre Tipografic Majuscul de Gianina Cărbunariu, elle-même inspirée par des événements réels.

Roumanie, 1981. Ceausescu est à la tête du pays qu’il tient d’une main de fer. Outre sa mainmise totale sur le parti communiste et le système qu’il contrôle grâce aux tentacules de la Securitate (la police politique secrète) qui s’insinuent dans toutes les strates de la société, il entreprend un grand chantier de propagande : celui d’écrire l’histoire officielle à travers la télévision nationale et ses images toutes à sa gloire (ainsi qu’à sa femme Elena) qui dépeignent un pays et ses habitants heureux, confiants dans l’avenir, nationalistes et patriotes, bastion contre le fascisme et l’antisémitisme, conservateurs dans les aspects sociétaux tout en étant à la pointe du progrès du monde moderne. De son côté, Mugur Călinescu (Șerban Lazarovici), un adolescent de 16 ans, écrit une autre histoire sur les murs de son quartier : des messages de protestation contre le régime, écrits à la craie en majuscules. Ses actions, qu’il revendique avoir exécuté seul avec pour unique inspiration son écoute de la radio Free Europe, sont compilées dans un dossier volumineux tenu par la police secrète qui a observé, appréhendé, interrogé le jeune homme avant de briser sa vie.
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Berlinale 2020 – Quote of The Day #2: Érica Rivas, actrice argentine du film en compétition El prófugo

À la fin de la conférence de presse du film argentin en compétition El prófugo (The Intruder) de Natalia Meta (lire la critique) l’actrice qui tient le rôle-titre dans ce film fantastique, Érica Rivas a tenu à conclure la conférence par un sujet qui n’a (a priori) pas trait au film :
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Berlinale 2020 – Compétition : El prófugo (The Intruder), un film fantastique argentin de Natalia Meta d’une grande finesse

Dès les premières images, une évidence : sur l’écran une formidable actrice va nous accompagner avec la riche palette de son jeu dans l’histoire de son personnage. La promesse sera non seulement tenue de bout en bout par Érica Rivas mais il s’avérera que toutes les actrices et tous les acteurs du film de sont excellents. Mais la réussite de film ne tient pas qu’à cela, loin de là. Tous les domaines de la réalisation sont maîtrisés, réfléchit et travaillés avec une formidable acuité artistique, allant de l’écriture à l’image en passant par un design sonore faisant partie intégrante de la narration. Natalia Meta, qui a également écrit le scénario, allie tout en subtilité drame et humour, réflexion sur l’altérité et l’intimité, effleurant par la marge des questions sociétales, sans jamais tomber dans le convenu et le prévisible ; jusqu’à la fin, elle parvient à faire monter son histoire en puissance, ajouter de l’épaisseur à l’intrigue, à nous surprendre et nous mener dans des recoins narratifs fulgurants et inventifs.
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Berlinale 2020 – Compétition : Volevo nascondermi (Hidden Away), un biopic sur l’artiste-phare de la peinture naïve en Italie, Antonio Ligabue

En français, le titre traduit du biopic sur l’artiste italien Antonio Ligabue signifie : je voulais me cacher. Malheureusement, il s’avère que le spectateur a également rapidement ce désir, partir loin, hors du champ hyper classique, emphatique et totalement ennuyeux que met en scène Giorgio Diritti.
Le raté magistral de ce film est de partir d’une première partie où les origines de Toni et ses premières années sont dépeintes de manière énergique, volontaire, avec un point de vue cinématographique qui offrent une entrée en matière intéressante qui aurait pu être creusée, pour continuer sur une suite d’épisodes narratifs et visuels qui s’enfonce à chaque minute qui passe dans le classicisme le plus plat. La première demi-heure nous plonge dans une sauvagerie ambiante saisissante – et ici on parle moins de celle de l’enfant difficile et intenable qu’est Toni que celle de ses petits camarades qui le briment, de ses professeurs qui le rabaissent ou les voisins de la famille qui s’apitoient tout en jetant leur venin de préjugés envers les Italiens.
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Berlinale 2020 – Berlinale Special : The American Sector, un documentaire sur les reliques du Mur de Berlin éparpillés sur le territoire des États-Unis

Courtney Stephens et Pacho Velez, deux cinéastes de non-fiction, ont parcouru pendant trois ans les États-Unis, visiter plus de quarante sites dans une sorte de chasse au trésor des nombreux segments du Mur de Berlin que l’on retrouve dans de nombreux sites institutionnels, tels que les musées, les bibliothèques publiques, les universités, la CIA, etc., mais aussi dans des propriétés privées ou simplement les rues ou les routes.
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Berlinale 2020 – Panorama: Schlingensief – In das Schweigen hineinschreien

Christoph Schlingensief hat das Publikum von Anfang an polarisiert. Von vielen geliebt für seine kompromisslosen Werke, ob im Film, im Theater oder bei seinen zahlreichen Aktionen, von anderen als Provokateur und Trash-künstler abgelehnt. Aber egal, was man von ihm oder seinem Werk hält, er war nie langweilig und hat es immer geschafft, Leute zum Nachdenken anzuregen und zu Reaktionen zu provozieren. Und dies war immer sein erklärtes Ziel. Mit seinen Filmen und später noch verschärfter mit seinen Theaterstücken und den politischen Aktionen legte er seinen Finger tief in die schwelenden Wunden der Zeit und das Fehlverhalten von Politikern. Vor allem die Nachwendezeit war ein gefundenes Fressen für seine Filme. Man denke da nur an Das deutsche Kettensägenmassaker, in dem Westdeutsche Jagd auf Ostdeutsche machen, um sie zu Wurst zu verarbeiten. Eine wunderbare Allegorie auf die Übernahme des Ostens. Trotz oder vielleicht gerade deswegen, fanden sich auf seinen Besetzungslisten viele bekannte Namen.
(….)

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Berlinale 2020 – Film d’ouverture (Berlinale Special Gala) : My Salinger Year du cinéaste canadien Philippe Falardeau 

À la question de savoir pourquoi cette année le film d’ouverture de la 70 Berlinale n’était pas un film en compétition, le nouveau directeur artistique du festival Carlo Chatrian a expliqué qu’il préfère

ouvrir plutôt avec un film de la section Berlinale Special Gala qu’un film en compétition car cela ne rend pas service au film d’après mon expérience. À la fin du festival, tout le monde l’a oublié.

S’il est vrai que les dernières années, les films d’ouverture n’avait pas la côte auprès du jury et des critiques, cela était plutôt dû au fait de leur médiocrité que de leur emplacement dans le calendrier, mais gageons que ce film d’ouverture, tout Gala qu’il soit, sera également très vite oublié. Il n’est pas franchement mauvais, il est juste très classique dans sa forme, malgré des essais d’effets cinématographiques qui n’aboutissent jamais, comme dans l’histoire qu’il raconte – une sorte de coming-of-age qui aboutit sur pas grand-chose. Dommage, car ce qu’il reste en sortant, c’est une vague impression d’ennui et de fadeur malgré l’effort chromatique de la photographie à tendre vers les couleurs les plus chaudes de la palette… et le plaisir de revoir Sigourney Weaver !
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