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Auteur : Malik Berkati

Cinéma / KinoCulture / Kultur

TIFF 2022 – Riceboy Sleeps d’Anthony Shim manie avec délicatesse le fragile balancier identitaire d’un jeune Coréen-Canadien, entre intégration et acculturation

La fenêtre d’entrée de Riceboy Sleeps est un panoramique qui dégage visuellement comme auditivement un grand calme : sur un paysage de mer dont l’eau frémit à peine, surmontée d’une lune orange en son milieu, une voix off raconte en coréen les prémisses de l’histoire de So-young (Choi Seung-yoon) et de son fils Dong-hyun. Quelques plans entre mer et montagne en Corée du Sud, quelques phrases suffisent à Anthony Shim pour donner le ton de son second long métrage, celui de la sensorialité. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Film:Schweiz – vom 14. bis 21. September 2022 ist im Eva Lichtspiele das Schweizer Kino in Berlin zu geniessen! Gespräch mit der Festivalleiterin Teresa Vena

Das Festival, das das Schweizer Kino in Berlin in den Fokus rückt, kehrt für seine vierte Ausgabe an einen neuen Ort zurück, die Eva Lichtspiele, eines der ältesten Kinos in Berlin.Wie bereits Tradition am Festival wird den Langfilmen, jeweils ein Kurzfilm vorangehen. Vertreten sind dabei fast alle Filmgenres von Komödie über Drama, Liebesgeschichte, Coming-of-age bis Horror. Das Augenmerk liegt auf dem Spielfilm, doch bietet ein Programmblock mit zwei mittellangen Werken auch Einblick ins Dokumentarfilmfach. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2022

Mostra 2022 – Orizzonti Extra : Goliath d’Adilkhan Yerzhanov, un western machiavélique dans le Far-East kazakh !

Une des particularités du cinéma kazakh est de pouvoir jouir de paysages extraordinaires à perte d’horizon, ce dont tou.te.s les cinéastes du pays tirent avantage dans leur narration visuelle. Aydar Sharipov, le directeur photographie de Goliath, ne fait pas exception, d’autant plus que le film d’Adilkhan Yerzhanov se revendique du western moderne ; il s’ouvre donc sur des panoramiques soutenus par le son guttural de psalmodies chamaniques. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2022

Mostra 2022 – Settimana Internazionale della Critica : Aus meiner Haut (Skin Deep) d’Alex Schaad joue avec la notion de transfert corporel

Le monde artistique regorge de représentation de transferts corporels, allant de Kafka et sa Métamorphose à la radicalité de certaines performances de body art, en passant par le cinéma comique, d’action ou d’horreur. Alex Schaad évacue tous les clichés de genre et prend un chemin plus contemporain avec, pour point de départ, la réflexion sur la fluidité des identités qui débouche sur des questions existentielles : est-ce que notre corps détermine notre identité ? Peut-on s’épanouir dans une autre enveloppe corporelle quand notre âme s’enfonce dans le bleu du mal-être ? Existe-t-il une plasticité du corps qui lui permettrait de s’adapter à notre personnalité ? Est-on prisonnier.ère du regard des autres ? De son propre regard sur soi ? Quid quand on tombe dans le bain de narcisse ? (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2022

Mostra 2022 – Settimana Internazionale della Critica : Dogborn d’Isabella Carbonell – Un film coup de poing sur la marchandisation de l’être humain

Depuis quelque temps, les films et séries ayant pour sujet la traite humaine et les réseaux pédophiles se multiplient, avec plus ou moins de réussites et différentes perspectives, les deux derniers, Blanquita présenté à la Mostra dans la section Orizzonti à travers un scandale réel qui s’est déroulé au Chili au début des années 2000, et Paradise Highway d’Anna Gutto, présenté à Locarno sur la Piazza Grande, une grosse production insipide, avec une Juliette Binoche qui l’est autant dans son rôle d’héroïne. Avec Dogborn, Isabella Carbonell, également scénariste du film, entre dans le sujet frontalement tout en soignant son objet cinématographique. Et c’est percutant ! (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2022

Mostra 2022 – Orizzonti : Oběť (Victim) de Michal Blaško – Dans l’engrenage d’un fait divers et sa récupération politique

Même si nous avons toujours un peu de difficulté à le reconnaître, nous sommes toujours le ou la plus faible d’un.e autre. Dans Oběť (Victim), en contrepoint de la société tchèque, on retrouve des migrant.es, incarné.es ici par Irina (Vita Smachelyuk) et son fils Igor, venu.es d’Ukraine, ainsi que la minorité Rom. Leur dénominateur commun, se tenir sur les premières barres de l’échelle sociale, écrasé.es par ceux qui la tienne par le haut, manipulateurs.trices des masses afin d’asseoir leur pouvoir. De l’art politico-économique consistant à renverser la logique physique – une échelle ne tient pas par le haut ! – en mystifiant le peuple, montant ses composantes les unes contre les autres, siphonnant ainsi l’essence étymologique de la démocratie voulant qu’in fine ce soient des personnes issues du peuple, élues par lui, qui gouvernent pour lui. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Sortie européenne de L’Homme de Dieu de Yelena Popovic – Drame biographique sur le chemin de croix de Nectaire d’Égine, saint de l’Église orthodoxe grecque

Autant le dire tout de suite, le second long-métrage de la cinéaste serbe Yelena Popovic (L.A. Superheroes, 2013) est d’un très grand classicisme visuel et narratif qui épouse la facture traditionnelle du genre de la biographie historique. À ceci s’ajoute un moment d’adaptation : la langue du film est l’anglais, ce qui donne un petit ton décalé au sujet ainsi que peut-être aux acteurs.
Une fois cela posé, reconnaissons que le classicisme a ses bons côtés : la lumière est très bien utilisée par la cinéaste et son directeur de la photographie, Panagiotis Vasilakis. Elle reflète à merveille les jeux d’ombres et de clarté des discussions entre les protagonistes, les intrigues, les alliances et mésalliances, ainsi que les états intérieurs des personnages.(…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2022

Locarno 2022 – Cineasti del presente : Sigurno mjesto (Safe Place) de Juraj Lerotić, un voyage cinématographique dans les lacis de la psyché

Sigurno mjesto (Safe Place), le premier long métrage du cinéaste croate Juraj Lerotić, remarqué en 2010 avec un moyen métrage (Then I See Tanja), composé presque exclusivement de photographies de plateau, accompagnées d’une narration en voix off, a remporté plusieurs prix à la 75e édition du Festival de Locarno : Prix du meilleur réalisateur émergent, Pardo du meilleur acteur du Concours Cinéastes du présent pour Goran Marković et le prix Swatch du meilleur premier film.
Le titre du film, que l’on pourrait traduire en français par « lieu sûr », n’en a que le nom, tant on ressort de ce film sonnés, voire déboussolés. L’histoire, à l’instar de sa réalisation, est minimaliste, arrache les micro-aspérités de peaux qui restent sur son ossature pour en livrer la substantifique moelle : Une tentative de suicide de Damir (Goran Marković) créé une faille qui se nourrit de manière primaire dans la course désespérée de son frère Bruno (Juraj Lerotić) et de sa mère (Snježana Sinovčić Šiškov) de le mettre à l’abri – les tentatives de comprendre l’acte restant au second plan. Comment sauver l’être aimé de thanatos ? Peut-on réellement protéger quelqu’un de ses pulsions de mort ? Damir a conscience que son acte est incompréhensible pour les siens, qu’il leur fait du mal, et pourtant il semble être sous l’emprise d’une dissociation de sa raison et de sa pulsion fatale. Ce sont à ces questions que sont confrontés les protagonistes qui, sur la ligne de leur temps qui s’accélère, se démènent dans un univers en léger décalage de celui des autres. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2022

Locarno 2022 – Piazza Grande : Avec Semret, la cinéaste suisse Caterina Mona ouvre avec finesse une porte sur l’épreuve de l’immigration

Pour son premier long métrage en tant que réalisatrice – Caterina Mona est cheffe monteuse et scénariste –, la cinéaste zurichoise livre un drame social remarquablement construit, abordant plusieurs aspects complexes de la migration sans perdre de vue son sujet central : la relation d’une mère émigrée et de sa fille adolescente qui a grandi en Suisse, loin des affres du traumatisme originel.
Semret, aide-soignante érythréenne dans une maternité zurichoise, vit avec sa fille Joe (Hermela Tekleab), collégienne, dans un petit appartement à Zurich. Sa vie tourne autour de deux choses : offrir à sa fille les meilleures conditions pour avoir une belle vie dans son pays d’adoption et évoluer dans sa vie professionnelle, avec l’espoir de pouvoir intégrer une formation de sage-femme. Semret est opiniâtre dans ses deux missions, mais elle se heurte aux complications qui ont poussées sur la racine de son parcours migratoire. Pour intégrer une formation en Suisse, il faut suivre un cursus qui, en général, permet l’obtention de diplômes. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2022

Locarno 2022, Semaine de la critique – Rencontre avec Elwira Niewiera et Piotr Rosołowski pour The Hamlet Syndrome, un film édifiant sur le trauma de la guerre

On entre dans le vif du sujet dès les premières images de la révolution du Maïdan, prises au plus près des protagonistes, dans une nuit très esthétique, illuminée par les feux de la révolte, et une voix qui fait résonner Hamlet :
Être ou ne pas être, telle est la question. Est-ce à l’âme plus de noblesse que de la fortune les outrages endurer, plutôt que de prendre les armes contre une mer de souffrance, de combattre et de les achever ? Mourir, dormir, rien de plus. (…)

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