Mostra 2022 : Blanquita, de Fernando Guzzoni, présenté dans la section Orizzonti, livre, à travers un film de fiction très réussi, une enquête troublante au cœur d’un scandale pédophile, inspirée de faits réels

Le film s’ouvre avec une jeune fille qui retourne à la maison d’accueil d’où elle s’est échappée quand elle avait seulement quatorze ans. Elle frappe à la porte, tenant dans ses bras son bébé, une fillette. Un prêtre d’un certain âge, le Père Manuel, l’accueille et la reprend dans la maison. On apprend qu’il s’agit de Blanca (Laura López), âgée de dix-huit ans, qui est pensionnaire d’un foyer d’accueil pour mineurs dirigé par ce prêtre bienveillant et protecteur, le Père Manuel (Alejandro Goic). (…)

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Cannes 2022 : Mi país imaginario (Mon pays imaginaire), de Patricio Guzmán, présenté en séance spéciale, suit les manifestations de 2019 à Santiago de Chile

La caméra de Patricio Guzmán entraîne les spectateurs en octobre 2019 alors qu’une révolution inattendue et une explosion sociale secouent le Chili. Un million et demi de personnes ont manifesté dans les rues de Santiago de Chile pour plus de démocratie, une vie plus digne, une meilleure éducation, un meilleur système de santé et une nouvelle Constitution. Les femmes étaient particulièrement présentes, scandant un poème composé par l’une d’entre elles, un poème qui revendique plus de parité et qui dénonce le machisme séculaire, un héritage atavique qui, jusqu’à 2019, n’avait jamais été remis en question avec une telle unité et une telle virulence. (…)

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Locarno 2021 : Mis hermanos sueñan despiertos (My Brothers Dream Awake, Mes frères rêvent éveillés), de la cinéaste chilienne Claudia Huaiquimilla, immerge le public dans l’univers des centres de détention pour mineurs, entre humanité, fraternité et rébellions

Le deuxième long métrage de Claudia Huaiquimilla, qui avait réalisé Mala junta (2016) est un hymne à la fraternité, à la résilience, à l’empathie mais aussi à la révolte face à une justice qui tarde à se faire et une iniquité flagrante.
Le film s’ouvre sur deux adolescents, adossés à un mur, qui parlent d’avenir et de projets. Puis le plan s’élargit et les spectateurs comprennent que le mur est l’enceinte d’un centre de détention pour mineurs.
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Mostra 2020 : My Tender Matador (Tengo miedo torero), de Rodrigo Sepúlveda,  propose l’adaptation cinématographique du célèbre roman éponyme de l’écrivain chilien Pedro Lemebel

My Tender Matador (Tengo miedo torero), de Rodrigo Sepúlveda, a sa première mondiale à la 16ème édition des Venice Days, la section indépendante du Festival du film de Venise.

Le film s’ouvre sur une chorégraphie, menée par une personne grande et élancée, à la chevelure abondante mais dont on ne distingue pas le visage et qui danse sur Fever de Peggy Lee. Les robes à paillettes se devinent sous les spots de couleurs et plusieurs silhouettes dansent sur la piste en suivant la chorégraphie qui est, de manière soudaine, interrompue par des coups de feu.

On perçoit au loin des sirènes de police et des interpellations … Un jeune homme porte secours à un travesti terrorisé. Cette rencontre fortuite scellera des liens d’autant plus forts que la période que vit le Chili est trouble. Quelques séquences de manifestations ou de descentes policières rappellent cette période mouvementée.
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Pessac 2019 – La Cordillera de los sueños (La Cordillère des songes), dernier volet de la trilogie de Patricio Guzmán, a fait partie de la sélection officielle Festival de Cannes 2019, présenté en séance spéciale et a remporté l’Œil d’or du meilleur documentaire

Ce long métrage sur la cordillère des Andes est la troisième partie d’une série de films sur des paysages emblématiques du Chili. Cette trilogie de Patricio Guzmán a débuté à Cannes en 2010, lorsque Nostalgia de la luz a été créée. Puis Le bouton de nacre (El botón de nácar), (présenté à la Berlinale 2015 où il a remporté le Prix du meilleur scénario, N.D.L.R.), a plongé les spectateurs dans les mers méridionales pour réunir à nouveau paysages, histoire, écosystèmes et politique contingente. Dans ce documentaire, le cinéaste dénonce le génocide humain localisé en pleine Patagonie humide. Quatre années se sont ensuite écoulées jusqu’à ce que La Cordillera de los sueños soit présenté dans la section «Projections spéciales» du Festival de Cannes .
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Genève : la 21ème édition du Festival Filmar en América Latina se tiendra du 15 novembre au 1er décembre 2019 à Genève ainsi que dans des communes du canton et de France voisine

La 21e édition du Festival Filmar alternera rencontre avec des Cinéastes engagé.es, des projections d’œuvres fortes et des débats d’actualité très variés et enrichissants. Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine, qui contribue également au rayonnement de Genève, ville de dialogue et de culture, est l’un des seuls festivals qui s’autofinance à hauteur de 25%, signe du soutien indéfectible de son public, toutes générations confondues.
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Mostra 2019 : Ema, de Pablo Larrain, ou la crise d’un quadragénaire

Celles et ceux qui connaissent la filmographie du cinéaste chilien attendaient avec impatience son dernier opus, dont la sous-signée qui avait adoré Jackie (2016), Neruda (2016) ou No (2012).

Le diagnostic est tombé au Lido de Venise : avec Ema,  Pablo Larrain traverse une violente crise de la quarantaine, signant un journal incendiaire d’une jeune femme avec Gael García Bernal dans le rôle de chorégraphe d’une compagnie de danse et de Mariana Di Girolamo, sa très jeune épouse, dans celle d’une danseuse et professeure d’école en expression corporelle.
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Santiago, Italia – le nouveau film de Nanni Moretti marque le retour du réalisateur italien engagé

Trois ans après Mia madre (2015), Nanni Moretti, revient au cinéma avec un documentaire sur le coup d’État chilien et l’assaut du Palais de la Moneda dont le titre en dit déjà long : Santiago, Italia. Nanni Moretti, réalisateur de Caro diario (1994), Aprile (1998), La stanza del figlio (2001) ou Habemus Papam (2011), revient sur les écrans avec Santiago, Italia (2018), un documentaire passionnant qui reconstitue le rôle joué par l’ambassade d’Italie après le coup d’État contre Salvador Allende pour sauver des centaines de personnes persécutées par le régime d’Augusto Pinochet.
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Rencontre avec le documentariste Stéphane Goël pour son dernier film: Insulaire

En 1877, Alfred von Rodt, un aristocrate bernois, devient gouverneur d’une minuscule île au large des côtes chiliennes. Il règne jusqu’à sa mort sur «son petit royaume» peuplé de quelques dizaines d’insulaires et de milliers de chèvres. Ses descendants, fiers de leurs origines helvétiques, rêvent d’autonomie politique et songent à réguler l’immigration. Cette île est une métaphore, un morceau de Suisse perdue dans l’océan.
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Locarno 2018 – Le troisième long de Dominga Sotomayor, Tarde para morir joven distille une nostalgie décalée et anachronique de l’idéal hippie

La démocratie revient au Chili au cours de l’été 1990. Dans une communauté isolée, Sofia, Lucas et Clara font face à leurs premières amours et à leurs peurs existentielles alors que ces adolescents se préparent à la veille du Nouvel An. Au sein de cette communauté hippie qui semble anachronique, ils peuvent vivre loin des dangers de la ville, mais pas de ceux de la nature.
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