j:mag

lifestyle & responsible citizenship

compétition

Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition:  Siberia – L‘archipel du goulag intérieur d’Abel Ferrara

Abel Ferrara est un vieil habitué des personnages controversés et tourmentés qui tentent de survivre dans un monde sombre. Son Pasolini (2014) en est un excellent exemple mais aussi Welcome to New York (2014) où Gérard Depardieu interprétait un personnage directement inspiré par Dominique Strauss-Kahn.

Dans Siberia, présenté en compétition, Ferrara délaisse son New York natal et le Bronx où il a tourné Bad lieutenant (1992) et King of New York (1990) pour les terres enneigées des montagnes sibériennes. Willem Dafoe y est Clint, un ermite vivant de la vente d’alcool de son bar fréquenté par des trappeurs, qui tente d’échapper à son passé.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition : Domangchin yeoja (The Woman Who Ran) du maître de la délicatesse faite cinéma, Hong Sangsoo

Comme à son habitude, le prolifique cinéaste coréen est au four et au moulin dans son dernier film : ce qui chez certain.e.s peut rapidement devenir un handicap et empêcher d’avoir assez de recul pour garder une vision d’ensemble du projet, chez Hong Sangsoo, c’est tout le contraire ; on reconnaît son style au premier coup d’œil car il maîtrise de bout en bout ses productions à l’économie de moyen compensée par une intuition sans pareille pour suivre les chemins qui s’ouvrent à lieu pendant l’élaboration de ses projets. C’est ainsi que dans Domangchin yeoja il est réalisateur, scénariste, producteur, producteur exécutif, monteur et il a créé bande-son. Toujours dans la même veine des films de Hong Sangsoo, qui ont trait à la condition humaine, la nature de l’existence et la complexité des procédés de communication entre les êtres humains, ce dernier opus atteint des sommets de minimalisme (longs dialogues et plans fixes et utilisation ostentatoire du zoom) dans une mise en abyme de variations – celle précisément de son sujet d’études récurent, mais aussi un jeu de variation dans le film même où les scènes de trois rendez-vous qui forment l’ossature du film se reproduisent sans être à l’identique mais en incluant une forme de répétition. La minutie de la composition des cadres sert à la fois la superbe esthétique qui tend vers l’art pictural que la narration jamais encombrée par le superflu ou tout ce qui peut distraire de la véritable action qui se déroule : l’échange verbal entre les personnes.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition : Effacer l’historique de Benoît Delépine et Gustave Kervern, un moment de cinéma hilarant sur un sujet contemporain sépulcral !

La restitution d’un réel décalé, c’est la marque de fabrique des deux compères grolandais que sont Delépine et Kervern. Ici, leur art atteint des sommets de justesse, d’acuité et d’humour caustique. L’autre particularité du duo de réalisateurs est sa bienveillance envers leurs personnages, souvent en rupture ou en dissonance avec le monde dans lequel ils vivent : jamais ils ne rient d’eux, et nous non plus, car nous rions en fait de compte tous en cœur et de bon cœur de nous-mêmes qui nous retrouvons à un moment ou un autre dans un ou plusieurs de leurs protagonistes, les situations auxquelles ils sont confrontés nous étant également familières.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – La Suisse en compétition avec Schwesterlein du duo de réalisatrices Stéphanie Chuat et Véronique Reymond

Quel plaisir de voir un film suisse en compétition du festival de Berlin qui propose du cinéma fait pour le grand écran et qui se donne les moyens de ses ambitions artistiques. Schwesterlein malgré son cœur dramatique glisse un peu d’humour dans les interstices narratives et surtout, à travers la figure de la mère, jouée par une Marthe Keller comme à l’accoutumée magnifique, permet au spectateur de respirer un peu, voire de se libérer quelques instants du poids de la tragédie en riant de la manière totalement abracadabrante dans laquelle elle se réfugie dans le déni pour se protéger.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition: Todos os mortos (All the Dead Ones) de Caetano Gotardo et Marco Dutra ; une histoire de la fin du 19e siècle qui explique le Brésil d’aujourd’hui

Nous somme en 1899, l’esclavage a été récemment aboli au Brésil. Après la mort de leur femme de ménage, les trois femmes de la famille Soares se sentent perdues dans la vie quotidienne qu’elles mènent loin de leur plantation, dans une ville de São Paulo en pleine expansion. Au retour de l’enterrement de Josefina, un des commentaires de la mère sera de dire que ce qu’il lui manquera le plus, c’est son café ! La famille, qui possédait autrefois des plantations de café, est aujourd’hui au bord de la ruine et lutte pour s’adapter aux changements sociétaux et économiques qu’a amené l’instauration de la République du Brésil. Parallèlement, la famille Nascimento, qui travaillait comme esclave dans la ferme des Soares, se retrouve à la dérive dans une société où il n’y a pas de place pour les noirs récemment libérés. Les thèmes qui se dessinent abordent l’esclavagisme comme lien direct avec le racisme structurel qui mine la société actuelle, les luttes de classes qui se perpétuent comme le montre l’opposition politique frontale et délétère entre Bolsonara et le Parti des Travailleurs de Lula, le syncrétisme des cultures et des religions et même, à peine perceptible, dans une marge du récit, l’homosexualité.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition : Undine de Christian Petzold ou le réenchantement du monde

Undine est la cinquième contribution à la compétition du festival de Berlin où il n’a jamais eu l’Ours d’or. En 2018, il présentait le formidable Transit, basé sur le roman éponyme d’Anna Seghers, avec Paula Beer et Franz Rogowski dans les rôles titres. Dans Undine, il reforme ce couple de cinéma qui semble être moulé dans la définition de l’intimité sensuelle et respectueuse de l’amour.

Ce film est un pur bonheur cinématographique où l’art du cinéaste allemand de mélanger les genres et tisser une trame à la fois limpide et truffée d’éléments qui donnent à l’histoire dont il s’empare des couches de sédiments d’histoire. Undine ne fait pas exception, même si de prime abord, c’est avant tout une histoire d’amour. Petzold s’empare ici d’un thème mythologique mais qu’il traite avec le réalisme cinématographique qui le caractérise. Et c’est une réussite !
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – compétition : Un western vériste de Kelly Reichardt, First Cow

L’histoire racontée par Kelly Reichardt se base sur le livre The Half-Life du romancier étasunien Jonathan Raymond, également coscénariste du film. La cinéaste ne tombe pas dans le même piège que nombre de ses confrères et consœurs consistant à transposer à l’identique une histoire ou ne pas oser mettre de la distance entre le texte original et sa propre interprétation du sujet abordé. Reichardt commence par ne prendre qu’une petite partie du livre qui lui s’étend sur de nombreuses années. Puis elle y met son regard de cinéaste, son point de vue de scénariste et offre une œuvre qui engage son artiste et fait une proposition au spectateur. C’est après tout ce que l’on demande aussi au cinéma : savoir ouvrir des univers et des champs d’idées sans négliger les sensations et la sensibilité qui traversent le tamis de lumière qui vont se refléter sur la toile.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – compétition : Le sel des larmes de Philippe Garrel ne nous laisse que les yeux pour pleurer

Philippe Garrel, dont c’est ici la première fois en compétition au festival de Berlin (quatre de ses films ont toutefois été présentés dans la section Forum), propose un film qui n’a de larmes que celles de mauvais pressentiment que le spectateur verse dès les premières secondes, puis de désespoir que la prémonition se soit avérée juste, puis de rage de voir que le pire est toujours à venir sur cet écran, puis d’ennui qui confine à la torture psychologique, avant de le faire carrément pleurer de rire, tant le ridicule des situations le dispute à l’auto-parodie des dialogues indigents. En ce sens, on peut dire qu’il y a une montée en puissance, ce qui d’ordinaire est signe de vitalité d’une œuvre, dans le film qui permet aux vaillants spectateurs restés de tenir jusqu’au générique. Quant au sel, probablement métaphore de la douleur exacerbée lorsqu’il est en contact avec une plaie, on le cherche encore…
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition : El prófugo (The Intruder), un film fantastique argentin de Natalia Meta d’une grande finesse

Dès les premières images, une évidence : sur l’écran une formidable actrice va nous accompagner avec la riche palette de son jeu dans l’histoire de son personnage. La promesse sera non seulement tenue de bout en bout par Érica Rivas mais il s’avérera que toutes les actrices et tous les acteurs du film de sont excellents. Mais la réussite de film ne tient pas qu’à cela, loin de là. Tous les domaines de la réalisation sont maîtrisés, réfléchit et travaillés avec une formidable acuité artistique, allant de l’écriture à l’image en passant par un design sonore faisant partie intégrante de la narration. Natalia Meta, qui a également écrit le scénario, allie tout en subtilité drame et humour, réflexion sur l’altérité et l’intimité, effleurant par la marge des questions sociétales, sans jamais tomber dans le convenu et le prévisible ; jusqu’à la fin, elle parvient à faire monter son histoire en puissance, ajouter de l’épaisseur à l’intrigue, à nous surprendre et nous mener dans des recoins narratifs fulgurants et inventifs.
(…)

Read More
Berlinale 2020Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2020 – Compétition : Volevo nascondermi (Hidden Away), un biopic sur l’artiste-phare de la peinture naïve en Italie, Antonio Ligabue

En français, le titre traduit du biopic sur l’artiste italien Antonio Ligabue signifie : je voulais me cacher. Malheureusement, il s’avère que le spectateur a également rapidement ce désir, partir loin, hors du champ hyper classique, emphatique et totalement ennuyeux que met en scène Giorgio Diritti.
Le raté magistral de ce film est de partir d’une première partie où les origines de Toni et ses premières années sont dépeintes de manière énergique, volontaire, avec un point de vue cinématographique qui offrent une entrée en matière intéressante qui aurait pu être creusée, pour continuer sur une suite d’épisodes narratifs et visuels qui s’enfonce à chaque minute qui passe dans le classicisme le plus plat. La première demi-heure nous plonge dans une sauvagerie ambiante saisissante – et ici on parle moins de celle de l’enfant difficile et intenable qu’est Toni que celle de ses petits camarades qui le briment, de ses professeurs qui le rabaissent ou les voisins de la famille qui s’apitoient tout en jetant leur venin de préjugés envers les Italiens.
(…)

Read More