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Berlinale 2021Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2021 – Compétition : Albatros de Xavier Beauvois ; pulsions de vie, pulsions de mort entre terre et mer

L’Albatros est réputé être un oiseau lourd qui met du temps à s’envoler, mais une fois qu’il est dans les airs, son envergure lui permet de faire faire des centaines de kilomètres sans battre des ailes. Dans le dernier film de Xavier Beauvois (Des hommes et des dieux – 2010 ; Les Gardiennes – 2017 ), Albatros, le phénomène est plutôt inversé. Dans sa première partie, le rythme du film est fluide, léger dans sa structure, dans le jeu des actrices et acteurs, les dialogues qui coulent naturellement de manière à donner un instantané de cette vie dans une petite ville normande, Étretat, connue internationalement pour ses falaises, mais qui charrie son lot de pesanteur sociale et de petite criminalité. Pas de surexplications, l’auteur fait confiance à la capacité de discernement du spectateur et le laisse s’immerger dans le contexte proposé. Mine de rien, cette texture narrative permet d’évoquer les soubresauts sociaux qui traverses la France depuis quelques années – les manifestations récurrentes, les violences policières, l’inceste, l’environnement, les suicides des agriculteurs, … et le blues des gendarmes dû à la charge mentale très lourde qu’il faut apprendre à laisser sur le palier de sa maison. Pas d’animosité particulière contre les forces de l’ordre ici, elles sont plutôt bien intégrées au tissu social et sont encore vu comme proches des gens avec la mission première d’aider.
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Berlinale 2021 – Compétition : Ich bin dein Mensch de Maria Schrader ou le face-à-face malicieux entre un robot humanoïde et un être humain

Alma (Maren Eggert) est scientifique et travaille au fameux Pergamon Museum de Berlin comme anthropologiste. Pour obtenir un financement pour une recherche avec son équipe, elle accepte de participer à une expérience inhabituelle. Pendant trois semaines, pour le compte d’une commission d’éthique, elle doit vivre avec un robot humanoïde, Tom (Dan Stevens), qui est censé évoluer en un parfait compagnon de vie grâce à l’intelligence artificielle et au deep learning. La machine à but anthropomorphique est conçue pour rendre Alma heureuse. Évidemment, le fait qu’Alma soit scientifique et qu’elle participe à cette expérience un peu contrainte pour des motifs qui n’ont aucun trait à son intérêt pour la chose amène beaucoup de contrastes et de résistance propices à des situations de tragicomédie.  Pour ne rien arranger, Alma a de lourds problèmes intimes et cette perspective d’amour et de désir ouverte par l’entrée de Tom dans sa vie à la fois raviver ces tensions personnelles et lui permettre de s’y pencher plutôt que de les laisser enfouis dans un coin de sa vie ou le privé n’a plus cours.  
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Berlinale 2021 – une édition en deux mouvements : du 1er au 5 mars pour l’industrie et la presse ; du du 9 au 20 juin pour le public

Pari très osé pour le Festival international du film de Berlin qui traditionnellement ouvre la saison des 3 plus grands festivals internationaux : ne pas laisser le champ libre à Cannes qui a reporté son édition de mai à juillet et à Venise tout en ne perdant pas son âme en devenant un festival en ligne.  
Mariette Rissenbeek, directrice exécutive du festival, aux côtés de Carlo Chatrian, directeur artistique, à la conférence de presse:
« L’annulation de la Berlinale n’était pas une option pour nous.»
Englués comme tout le monde dans cette pandémie dont on ne voit pas le bout, les responsables ont monté une édition basée sur ses deux piliers : offrir une plateforme incontournable pour les professionnels du cinéma (11’000  accrédités à l’European Film Market, 3500 accrédités presse, 18’556 accrédités professionnels) et être un rendez-vous unique pour le public qui assiste chaque année en nombre aux projections avec 487’504 spectateurs et 331’637 billets vendus (chiffres Berlinale 2019). Ce rendez-vous  exclusivement public du mois de juin est une gageure au regard des pronostics sur l’évolution de la pandémie, mais s’il a lieu, donnera l’occasion de fêter en grandes pompes le retour du cinéma dans la vie culturelle empêchée par le coronavirus et les mesures sanitaires qui découlent de la crise qu’il a déclenché il y a une année – ironie de l’histoire, la Berlinale 2020 venait de se terminer quand les pays ont commencé à se fermer les uns après les autres. Le Summer Special aura lieu dans les cinémas berlinois ainsi que les nombreux cinémas en plein air qui ouvrent d’ordinaire dès le mois de mai ; pour découvrir une grande partie de la sélection des films 2021, en présence des cinéastes, ainsi que tous les films primés.
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Palmarès de la 70e Berlinale très consensuel

Le jury international composé de Jeremy Irons (président) Bérénice Bejo, Jeremy Irons, Bettina Brokemper, Annemarie Jacir, Kenneth Lonergan, Luca Marinelli et Kleber Mendonça Filho semble avoir voulu ratisser large et ne pas froisser ou faire de vagues. L’impression que le palmarès donne est celui du consensus : donner des récompenses un peu dans toutes les directions, cela ne peut que dans l’ensemble s’équilibrer. Et c’est vrai que le résultat, un peu tiède et convenu, tient à peu près la route. On regrettera toutefois que des films exigeants comme Rizi (Days) de Tsai Ming-Liang ou The Roads Not Taken de Sally Potter repartent bredouille. Cependant, pour être honnête, le fait que le film de Tsai Ming-Liang ne reçoive aucun prix malgré sa qualité exceptionnelle tient plutôt au fait que le directeur artistique Carlo Chatrian ait gâché toutes ses chances en le plaçant en compétition officielle plutôt que dans la nouvelle section compétitive qu’il a créée – Encounters.
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Berlinale 2020 – Compétition: DAU-Natasha – Jouer à la bouteille du totalitarisme

De toutes les décisions prises par le nouveau directeur Carlo Chatrian, nulle n’est aussi sujette à la controverse que celle de mettre DAU.Natasha, premier long-métrage tiré du controversé projet DAU, dans la Compétition de cette 70e Berlinale. La première du film, au septième jour de la Berlinale, a laissé beaucoup de spectateur choqués non seulement par les scènes sexuelles (terriblement explicites et non simulées), mais surtout par un viol au cours d’une scène d’interrogatoire conduite par un ancien agent du KGB.

Rappelons le projet : en 2007 DAU débuta comme ce que Khrzhanovskiy appelle « un film d’art et d’essai normal et compliqué », racontant l’histoire du prix Nobel de physique russe Lev Landau (1908-1968), qui étudia sous la direction du physicien danois Niels Bohr. 
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Berlinale 2020 – Compétition : Rizi (Days) de Tsai Ming-Liang ou la géographie des solitudes

La solitude, c’est la ligne de basse de la cinématographie de Tsai Ming-Liang, cinéaste et artiste taïwanais né en Malaisie. Nous en parlions déjà ici, lors de la rétrospective que lui avait consacré à Berlin Arsenal – l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo en 2017.

Kang (l’acteur fétiche du réalisateur, l’acteur Lee Kang-Sheng) vit seul dans une grande maison. À travers une baie vitrée, il regarde la cime des arbres fouettée par le vent et la pluie. Il ressent une étrange douleur d’origine inconnue à peine supportable et irradie dans tout son corps. Non (Anong Houngheuangsy), lui, vit dans un petit appartement à Bangkok où il prépare méthodiquement des plats traditionnels de son village natal. Les deux hommes vivent dans la plus grande des solitudes, les rares interactions qu’ils ont avec leur environnement sont celles de leur quotidien. Mais un soir, une nuit, une vraie rencontre va se faire et leurs deux solitudes fusionner dans un interstice du temps à la foi fugace et infini.
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Berlinale 2020 – compétition : The Roads Not Taken de Sally Potter – 24 heures de la journée d’un homme perdu dans sa mémoire

Le dernier film de Sally Potter aborde un sujet qui tend à toucher de près ou de loin un large pan de notre société – celui des pathologies liées à la démence. Évidemment, dit ainsi, cela ne donne pas forcément l’envie de se précipiter dans une salle de cinéma voir ce film. Et pourtant, The Roads Not Taken est probablement l’un des films de fiction les plus justes et les plus sensibles sur la question, loin des comédies alambiquées qui alignent les situations les plus improbables les unes que les autres dans des caricatures souvent très fantaisistes, évacuant allègrement la multitude de problèmes quotidiens qui se posent aux malades et à leurs proches, ou des drames larmoyants aux abords héroïques (pour les malades ou les aidants). Sally Potter, comme à son habitude ne donne pas une clef à mettre dans la serrure d’une compréhension et appréhension uniques des choses, mais plutôt un trousseau avec lequel chacun.e peut y trouver une ouverture ou s’essayer à plusieurs réflexions.
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Berlinale 2020 – Compétition : Berlin Alexanderplatz de Burhan Qurbani – une plongée dans la noirceur de l’âme humaine et d’une société gangrénée

Il aura fallu sept de travail acharné à Burhan Qurbani pour achever son 3e long métrage après Shahada (2010) et Wir sind jung wir sind stark (2015). Il faut dire que s’attaquer à l’œuvre d’Alfred Döblin, qui plus est une œuvre adaptée pour la télévision par Fassbinder en 1980 – série qui avait été montrée en avant-première à la Mostra de Venise, chose qui pour l’époque relevait de l’exceptionnel – est en soi une entreprise périlleuse. Depuis l’annonce de la sélection du film en compétition, tout le monde attendait ce Berlin Alexanderplatz de 3 heures, revisité et actualisé. L’attente s’est avérée payante, malgré sa longueur et quelques inégalités de tensions dans le récit, le travail titanesque du cinéaste allemand a payé.
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Berlinale 2020 – Compétition : Never Rarely Sometimes Always d’Eliza Hittman, un film empoignant sur le droit à l’avortement

Eliza Hittman nous entraîne dans l’épopée qu’effectue Autumn (Sidney Flanigan), 17 ans, avec sa cousine Skylar (Talia Ryder) de leur petite ville de Pennsylvanie à New York pour pouvoir avorter.
Ce film est puissant et implacable dans les faits qu’il expose, sans jamais être démonstratif ou pédagogique. Eliza Hittman arrive à allier une rythmique poétique avec une précision crue des détails de certains actes médicaux et de ses suites. Étonnamment, il n’y a pas de colère ni de vindicte dans qui émerge de ce film, plutôt une émotion chevillée au cœur mais aussi à la raison : comment peut-on faire subir ce parcours de la combattante à toutes ces femmes confrontées à une grossesse non-désirée ? Pourquoi ces individus qui se revendiquent « pro-life » ne s’intéressent qu’à l’idée de la vie sans prendre en considération les vies de celles qu’ils veulent mettre sous tutelle de leur idéologie ?
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Berlinale 2020 – Compétition : Favolacce (Bad Tales) des frères Fabio & Damiano D’Innocenzo laisse un sentiment circonspect

Difficile de dire quelle est la nature et la qualité de cette coproduction italo-suisse. Elle laisse perplexe quant à ses intentions. Les frères D’Innocenzo veulent-ils nous dire quelque chose ou cherchent-ils simplement à jouer avec le spectateur ? À commencer par ce narrateur dont on ne sait pas qui il est vraiment, ni même s’il nous raconte son histoire ou une histoire pour nous faire peur.
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