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Auteur : Malik Berkati

Cinéma / KinoCulture / Kultur

Toronto International Film Festival (TIFF) – Première de Wildhood de Bretten Hannam, un voyage initiatique dans le territoire Mi’kmaq

L’histoire qu’iel nous raconte est celle d’un road-trip initiatique classique d’adolescents à l’intersection de la recherche de leur identité composée de leurs racines et de leur individualité. Link (Phillip Lewitski) et son petit frère Travis (Avery Winters-Anthony) vivent en quai stabulation libre avec leur père non-autochtone violent, particulièrement à l’encontre de l’aîné dont on a l’impression qu’il le hait – probablement car la vue de son fils lui rappelle constamment que sa femme l’a quitté. Lorsque ce dernier découvre que sa mère Micmac n’est pas morte, il s’enfuit avec son petit frère, dont la mère est elle bel et bien décédée. Sans argent ni moyen de locomotion, ils se retrouvent perdus sur la route, sans plans précis, lorsqu’il rencontre le jeune Pasmay (Joshua Odjick), Micmac lui aussi. Le voyage de Link prend alors une forme plus consistante au contact de ce danseur de Pow-wow qui va faire la route avec eux, à la recherche de la mère de Link. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Toronto International Film Festival (TIFF) –  Aga Woszczyńska tend un miroir implacable du narcissisme occidental avec son premier long métrage, Silent Land (Cicha Ziemia), présentée en Première mondiale au TIFF

Dans Silent Land, le couple assorti dans sa physionomie stéréotypée –  blond.es, grand.es et aux yeux bleus – passe ses vacances sur une île, en Italie. À l’aise financièrement, il loue une grande maison avec piscine qui possède une magnifique vue sur la mer. Hélas, la piscine n’est pas en fonction, ce qui contrarie énormément nos deux vacancier.es. Fabio (Marcello Romolo), le propriétaire de la maison et du restaurant du village, leur propose une ristourne sur le prix, un repas gratuits à la trattoria, mais rien n’y fait ! Lorsqu’il leur dit « pas besoin d’une piscine, la mer est là », Anna et Adam n’en démordent pas : la maison a été louée en grande partie pour sa piscine ; ils veulent en faire usage. Leur vient-il à l’idée que l’île puisse avoir des problèmes d’approvisionnement d’eau ? Il n’est même pas sûr qu’ils ignorent consciemment cette possibilité, tellement le couple est autocentré sur ses propres besoins qui s’avèrent durant ces vacances basiques et mécaniques : manger, boire, avoir des relations sexuelles. Tout ceci sans grande émotion, le plus souvent en silence, sur un mode autopilote. Tout semble très banal au fond, mais quelque chose d’évanescent, d’inquiétant sourd de cette représentation ritualisée.
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Cinéma / KinoCulture / Kultur

PriFest 2021 – Full Moon (Pun mjesec) de Nermin Hamzagić remporte le prix de la critique internationale (FIPRESCI) au 13e Festival international du film de Prishtina

(…) Dans la section de la compétition des Balkans, le prix FIPRESCI est allé au premier long métrage de Nermin Hamzagić, Full Moon (Pun mjesec ; Bosnie-Herzégovine) qui avait déjà reçu le prix du jury œcuménique au festival de Cottbus 2019. Avec un petit budget, le réalisateur bosniaque offre une immersion vertigineuse dans la topographie d’une société rongée par la corruption et le manque de perspective post-guerre – une thématique qui revient dans nombre de films présentés dans cette section.(…)

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Culture / KulturThéâtre / Theater

Carmen l’audition – Un spectacle itinérant tout public, en plein air dans les communes genevoises, jusqu’au 15 septembre

Avant d’investir son nouveau lieu en janvier 2022, Le Théâtre de Carouge propose, en coproduction, une pièce tirée du programme TKM Théâtre Kléber-Méleau à Renens – Carmen l’audition mise en scène par Omar Porras et le Teatro Malandro, librement inspiré de l’opéra de Georges Bizet. La collaboration avec les communes permet d’amener le spectacle vers le public et, mis à part à Gy où une participation de 5 francs est demandée, le spectacle est gratuit. Une bonne occasion d’assister à du spectacle vivant sans barrière financière !
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Culture / KulturThéâtre / Theater

Moitié-moitié, du dramaturge australien Daniel Keene, au Théâtre de l’Orangerie de Genève jusqu’au 29 août 2021 dans une mise en scène limpide de Mariama Sylla

Pièce écrite en 2002 par l’auteur de théâtre australien le plus joué en Europe, Daniel Kenne, traduite en 2003 par Séverine Magois, moitié-moitié raconte l’histoire d’une réconciliation. Le point de départ : un conflit classique entre deux frères. Loin de partir dans un processus d’escalade qui, la mythologie nous le prouve, finit souvent dans le drame ou le fratricide, les deux frères, Ned et Luke, vont trouver, pas à pas, un chemin de retrouvailles fraternelles.
La création du Théâtre de l’Orangerie, dans une mise en scène naturaliste-symbolique de Mariama Sylla, fait plus appel aux sens qu’à l’intellect du public avec un travail scénographique – signé Khaled Khouri – époustouflant, passant du décor clinique, aseptisé, aux perspectives et lignes géométriques du début de la pièce à  un fouillis organique à la fin du spectacle, avec pour accompagnement narratif implicite, un jeu de lumières au cordeau (William Ballerio) et un design sonore (Simon Aeschimann) tout en subtilité suggestive qui fera passer le son d’une pendule, qui tel un métronome marquera la dynamique des premiers échanges entre les frères, à celui des oiseaux dans leur espace commun retrouvé.
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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Le 15e Festival cinémas d’Afrique de Lausanne met à l’affiche des œuvres qui marquent une volonté de révolte ou de résistance – du 18 au 22 août 2021

Près de 40 films souvent inédits seront projetés à la Cinémathèque suisse et au Théâtre de Verdure.  L’accent sera mis sur les réalités sociales avec la table ronde Le cinéma de résistance ainsi que le débat Situation en Méditerranée : comment documenter une crise humanitaire? La musique sera à l’honneur avec le combo lausannois Professor Wouassa, roi de l’afrobeat de la scène musicale suisse depuis plus de 15 ans.
La pandémie n’a pas eu raison des tournages cinématographiques dans le monde. Comme leurs collègues des autres continents, les cinéastes africain.e.s ont continué à réaliser des films de tous genres – documentaires, films de fiction ou expérimentaux, animations, courts métrages –, ouvrant de nouvelles perspectives sur les différentes réalités africaines.
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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2021

Locarno 2021 Cineasti del presente : Wet Sand d’Elene Naveriani – Un film bouleversant sur les amours interdites en Géorgie

Cinéaste géorgienne qui a étudié à la Tbilisi’s State Academy of Art avant de passer son master à la HEAD de Genève, Elene Naveriani se définit comme gender fluid et préfère que l’on utilise le pronom non-binaire iel à son égard. Après I am Truly a Drop of Sun on Earth (2017) sur l’amour singulier entre une prostituée géorgienne et un sans-papier nigérian à Tbilissi, iel continue son travail de mise en lumière des opprimés de la société. Wet Sand est un véritable manifeste humaniste qui transcende la thématique LGBTIQ+, servi par de formidables actrices et acteurs, la photographie d’Agnesh Pakozdi, aux cadrages classiques, qui sublime les intérieurs sans âge ainsi que les paysages âpres des rivages de la mer Noire, et un design sonore sensationniste.
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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2021

Locarno 2021 Cineasti del presente : Brotherhood de Francesco Montagner – Un étrange documentaire coming-of-age naturaliste

Le réalisateur italien Francesco Montagner, qui a étudié le cinéma en République tchèque, parvient au tour de force d’immerger son public dans un film dont il ne parvient pas à appréhender totalement le caractère documentaire du récit. C’est que l’histoire qu’il raconte est assez insolite, mais surtout le fait que les protagonistes aient pu être filmés l’est encore plus.
Évidemment, comme dans tout documentaire, il y a un scénario, un parti pris artistique – ici une caméra qui relate calmement les événements, alternant les gros plans sur les visages et les larges plans restituant les paysages de cette région reculée dans une très belle photographie signée Prokop Souček – une part de mise en scène et, au montage – effectué de manière très fine par Valentina Cicogna qui accompagne sans césures l’évolution des protagonistes sur plusieurs années –, l’angle choisi par le réalisateur. Ce qui rend Brotherhood si curieux, et à ce titre si intéressant, c’est que tous ces éléments sont visibles et donnent au film un côté fictionnel.
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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2021

Locarno 2021 Compétition internationale : Leynilögga (Cop Secret) Hannes Þór Halldórsson – Une parodie de film de genre jubilatoire !

Quelle curiosité ce Leynilögga (Cop Secret) à Locarno! Tout d’abord, il a été réalisé par le gardien de l’équipe nationale de football islandaise ce qui déjà en fait un objet marketing particulier. Puis sa présence en compétition internationale plutôt que pour la Piazza Grande et son écran géant sur lequel sa dimension d’action aurait pu s’exprimer pleinement. Il s’avère pourtant que sa sélection en compétition est une réussite, le film donne un grand bol d’air au concours traversés par des thématiques assez lourdes et réjouit les sens cinématographiques.
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Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2021

Locarno 2021 Compétition internationale : Gerda de Natalya Kudryashova – L’enfermement de l’âme russe dans un monde prosaïque et brutal

L’actrice et réalisatrice russe Natalya Kudryashova offre avec son quatrième film une vision bien sombre de l’espace moderne russe qui ne laisse plus de place à l’épanouissement de l’âme. Dès la première scène, elle nous déconcerte : on y voit une voiture qui longe une forêt d’arbres longs et minces sans feuilles comme des conduits qui s’élèvent vers le ciel ; une femme, à côté de laquelle se trouve une petite fille, sort précipitamment de la voiture pour faire pipi à l’abri d’un tronc. La chose faite, un sentiment inquiétant semble la posséder ; elle se met à courir. Coupure dans l’espace-temps, nous nous retrouvons dans un club de strip-tease avec une jeune femme, Lera (Anastasiya Krasovskaya), dont le nom de scène est Gerda – comme celui du personnage principal du conte La Reine des neiges de Hans Christian Andersen. Le jour, Lera est une étudiante en sociologie somnolente. L’histoire de Gerda se joue constamment sur deux axes : le monde de la nuit et celui du jour, le prosaïque et la transcendance, le rêve et la réalité, la richesse et la pauvreté, la conscience et l’inconscience…
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